Les grands médias français se retirent de X&nbsp: le directeur français du réseau social réagit

LibérationLe Monde, ainsi que d’autres publications comme L’Union et L’Ardennais ont décidé de cesser leur activité sur X. Cette décision marque un tournant pour l’utilisation des réseaux sociaux par les médias traditionnels. Analysons les raisons derrière cette migration et l’impact des transformations menées par Elon Musk sur l’ancien Twitter.

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Dans ce contexte, Laurent Buanec a publié un article de mise au point sur le réseau. L’objectif de cette prise de parole est de mettre en lumière les efforts déployés pour combattre la désinformation ainsi que les discours de haine tout en assurant une plus grande transparence via des initiatives telles que Community Notes.

Le contexte du retrait des médias français

La décision de quitter X ne s’est pas faite à la légère. Pour Libération, elle résulte d’un vote interne où 81,4% des votants ont choisi de geler ou fermer les comptes du journal. La cause principale évoquée est l’incompatibilité entre les valeurs du journal et la direction prise par la plateforme sous la houlette d’Elon Musk. Cette annonce fait écho à celle de Le Monde, qui met en avant l’intensification de l’activisme de Musk, ainsi qu’une toxicité croissante des échanges sur le réseau social.

Nicolas Victor, Directeur France de X, a exprimé sa déception face à ce retrait massif des grands noms de la presse. Selon lui, ces décisions ne prennent pas en compte suffisamment les efforts considérables entrepris par X pour améliorer la situation sur la plateforme.

La lutte contre la désinformation sur X

L’un des griefs majeurs des médias concerne la gestion de la désinformation par X. Selon les dirigeants de Le Monde, la plateforme est devenue un outil de manipulation politique, favorisant des informations trompeuses et altérant le débat public. Malgré les efforts proclamés par DSA (Directive sur les services numériques) pour modérer les contenus, les résultats sont jugés insuffisants par les médias concernés.

En réponse, Laurent Buanec soutient que l’entreprise a mis en place des mesures rigoureuses contre la désinformation, telles que la suspension de millions de comptes engagés dans des manipulations. Il souligne également l’efficacité des « Community Notes » — un système de vérification participatif plébiscité par diverses études académiques.

Community Notes permet aux utilisateurs de fact-checker collaborativement le contenu publié. Selon plusieurs études académiques indépendantes, ce système serait efficace dans 80% des cas, entraînant la suppression par leurs auteurs des posts marqués. En outre, ces notes réduisent de 61% le nombre de retweets, illustrant leur impact direct sur la circulation des informations trompeuses.

La montée de la toxicité et des discours haineux

Outre la question de la désinformation, les discours haineux et abusifs prolifèrent également sur X, malgré les politiques mises en place par la plateforme. D’après les chiffres fournis par Laurent Buanec, X a supprimé ou modéré des dizaines de milliers de contenus haineux ou violents au cours des six derniers mois. Le directeur affirme aussi une étroite collaboration avec les forces de l’ordre et les associations locales pour mieux répondre aux signalements de haine en ligne.

Entre avril et octobre 2024, près de 16 millions de comptes ont été suspendus en France pour manipulation et violation des conditions d’utilisation de la plateforme.

Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à convaincre Libération ou Le Monde de rester sur la plateforme. Les inquiétudes concernant la sécurité des utilisateurs et l’environnement devenu trop hostile dominent les raisons de ce retrait de manière prépondérante.

L’intensification de l’activisme de Musk

Depuis le rachat de X par Elon Musk en 2022, la plateforme a vu sa mission évoluer sous son influence libertarienne. Musk, désormais proche de l’ex-président américain Donald Trump, utilise ses vastes ressources technologiques non seulement pour innover mais aussi pour amplifier ses vues politiques. Ce mélange déstabilisant entre idéologie personnelle et commerce semble avoir poussé certains médias à reconsidérer leur présence sur la plateforme.

Jérôme Fenoglio, directeur de Le Monde, critique cette transformation, soulignant que la plateforme tend à invisibiliser les médias traditionnels tout en amplifiant les voix alignées avec les aspirations idéologico-commerciales de Musk. Cela crée un environnement difficile pour les médias dont l’objectif est de fournir des informations neutres et fiables.

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