Deezer retrouve le rythme de la croissance et entrevoit enfin la rentabilité

Après des années de turbulences financières, Deezer semble avoir trouvé sa note juste. En 2024, la plateforme française de streaming musical affiche un chiffre d’affaires de 541,7 millions d’euros, soit une croissance de 11,8 %, un résultat supérieur à ses prévisions initiales. Une performance qui témoigne d’un virage stratégique assumé, dans un secteur toujours dominé par des mastodontes comme Spotify, Apple Music ou YouTube.

Une IA au service du catalogue musical

L’une des évolutions les plus frappantes de l’année tient à l’intégration massive de contenus générés par intelligence artificielle. Environ 10 000 nouveaux morceaux issus de procédés automatisés sont mis en ligne chaque jour sur la plateforme, un chiffre qui représente désormais 10 % des titres quotidiens ajoutés.

Mais Deezer ne se contente pas d’ouvrir grand les portes à l’IA&nbsp: la société a également développé des outils capables d’identifier les voix synthétiques. Un garde-fou technologique, présenté comme un moyen d’assurer une certaine transparence vis-à-vis des utilisateurs, tout en balisant les contours d’un écosystème créatif où l’automatisation ne rime pas avec opacité.

Le cap du cash-flow positif enfin franchi

Ce tournant technologique s’inscrit dans une stratégie plus large. Pour la première fois depuis sa création en 2007, Deezer déclare un cash-flow positif. Une victoire symbolique pour une entreprise entrée en Bourse en 2022, qui a connu depuis une chute de sa valorisation et plusieurs exercices déficitaires.

La clé de ce redressement&nbsp? Une concentration sur trois marchés principaux&nbsp: la France, le Brésil et l’Allemagne. Une approche plus ciblée qui permet à Deezer de stabiliser ses opérations tout en conservant des ambitions internationales. Cette réorganisation s’accompagne d’un réajustement de l’offre, mêlant personnalisation accrue, partenariats renforcés et innovations techniques.

Miser sur le lien artistes-fans

Dans un univers dominé par les volumes, Deezer cultive un autre terrain&nbsp: la proximité entre artistes et auditeurs. Avec 10 millions d’abonnés payants, la plateforme reste loin derrière Spotify (263 millions), mais elle cherche à se démarquer par la qualité de l’expérience offerte.

Cela passe par des fonctionnalités de personnalisation affinées, des partenariats renforcés avec les labels — pour mieux rémunérer les artistes populaires — et des outils d’interaction directe pensés pour rapprocher créateurs et fans. Une approche qui valorise la singularité face aux logiques de masse.

Des signes de consolidation encourageants

Côté rentabilité, Deezer poursuit son redressement. La perte d’EBITDA ajusté tombe à 4 millions d’euros, contre 29 millions un an plus tôt. Un recul net qui témoigne d’une gestion plus rigoureuse, portée aussi par le développement de services en marque blanche destinés à d’autres plateformes.

Autre levier de fidélisation&nbsp: les playlists thématiques et saisonnières, qui rencontrent un franc succès. Ces sélections ciblées nourrissent l’engagement, tout en séduisant de nouveaux utilisateurs en quête de recommandations pertinentes et contextualisées.

Deezer, qui a longtemps couru après la rentabilité, semble désormais en mesure de jouer sa propre partition.

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