Hyperconnectés, inquiets, dépendants&nbsp: les paradoxes numériques des Français en 2025

Pour éclaircir ces tendances, le baromètre du numérique 2025 s’appuie sur une étude menée auprès d’un panel représentatif de la population française âgée de 12 ans et plus.

Le téléphone fixe décroche, le mobile triomphe

En l’espace d’un an, le téléphone fixe a perdu du terrain dans les foyers français. Seuls 74 % des ménages en sont encore équipés, contre 79 % précédemment. Une chute silencieuse, mais révélatrice. À l’inverse, le mobile poursuit sa conquête sans faiblir&nbsp: 98 % des Français en possèdent un, et parmi eux, 91 % utilisent un smartphone.

Cette généralisation n’induit pas forcément une consommation débridée. Près de la moitié des usagers n’épuisent pas les données incluses dans leur forfait. Pourtant, tous les âges confondus, le constat est là&nbsp: le téléphone mobile est devenu central, parfois même omniprésent. Une tendance qui, à force, fait émerger un phénomène encore marginal il y a peu&nbsp: la nomophobie, cette difficulté à se passer de son smartphone.

Démarches en ligne&nbsp: l’e-administration dans les usages

Près de trois quarts des Français ont désormais recours à l’administration en ligne. Une habitude solidement ancrée depuis la crise sanitaire, qui a joué un rôle d’accélérateur. Moins de déplacements, plus de simplicité&nbsp: le numérique s’impose comme le canal privilégié pour de nombreuses démarches, de la prise de rendez-vous médicaux à la déclaration d’impôts.

Cette transition s’accompagne d’un vrai gain de temps pour les usagers. Elle reflète surtout une mutation structurelle des services publics, où l’efficacité passe de plus en plus par des interfaces numériques.

L’intelligence artificielle entre dans les mœurs… avec prudence

Un tiers des Français a déjà utilisé une solution intégrant de l’intelligence artificielle. C’est l’un des chiffres les plus frappants de l’année 2024. Chez les 18-24 ans, cette proportion grimpe encore, l’IA étant mobilisée notamment à des fins éducatives ou professionnelles.

Mais l’enthousiasme ne va pas sans réticences. Plus d’un Français sur deux s’inquiète des effets d’une intégration massive de l’IA dans la société. Le spectre d’un impact négatif sur l’emploi, voire sur l’environnement, alimente un certain scepticisme. Si l’intelligence artificielle progresse, elle devra le faire sous le regard attentif d’une population en demande de garanties.

Une exposition aux écrans, surtout chez les jeunes

Baromètre du numérique 2025

La dépendance aux écrans s’installe durablement. 65 % des personnes interrogées reconnaissent avoir du mal à se passer de leur smartphone ne serait-ce qu’une journée. Et 25 % passent plus de cinq heures par jour devant un écran — une proportion qui grimpe à 39 % chez les 18-24 ans.

Pour autant, cette hyperconnectivité n’est pas forcément synonyme de repli ou de passivité. Elle s’accompagne aussi d’un élargissement de l’accès à l’information, à la culture, aux services. Avec 94 % des Français connectés régulièrement, Internet est devenu une extension du quotidien, même s’il n’est pas toujours synonyme d’inclusion.

Fracture numérique et défi de la confiance

Derrière les chiffres flatteurs sur la connexion, les disparités demeurent. En particulier lorsqu’il s’agit d’effectuer des démarches administratives en ligne, certains usagers peinent encore à s’y retrouver. L’inclusion numérique reste un chantier ouvert, qui appelle des efforts renforcés d’accompagnement.

Autre sujet sensible&nbsp: la protection des données personnelles. Les inquiétudes sur la sécurité des informations partagées en ligne gagnent en intensité. Si la confiance envers les services numériques vacille, c’est aussi parce que la transparence fait parfois défaut. Pour continuer à progresser, le numérique devra aussi rassurer.

Réseaux sociaux, streaming&nbsp: une consommation toujours plus fluide

Baromètre du numérique 2025

Les réseaux sociaux restent des incontournables du quotidien numérique&nbsp: 75 % des internautes les consultent chaque jour. Une fréquentation massive, qui traduit leur rôle désormais structurant dans l’accès à l’information et l’interaction sociale.

La vidéo à la demande connaît elle aussi un essor soutenu. Plus de la moitié des Français utilisent régulièrement ces plateformes, privilégiant les contenus à la carte et instantanés. Une évolution logique, dans un environnement où l’immédiateté est devenue la norme.

Vers une transition numérique plus durable&nbsp?

Si les usages numériques se généralisent, les préoccupations écologiques progressent elles aussi. La question de l’empreinte environnementale du digital n’est plus marginale. Elle s’impose peu à peu comme un impératif pour les entreprises, les pouvoirs publics et les citoyens.

Les technologies devront désormais conjuguer performance et sobriété. C’est à cette condition que le numérique pourra continuer à transformer les usages, sans aggraver les déséquilibres qu’il contribue parfois à renforcer.

SOURCE