La relation entre l’homme et l’intelligence artificielle (IA) conversationnelle soulève des questions toujours plus nombreuses. Si la fiction s’est déjà largement emparée de cette thématique – notamment avec la série Westworld, dans laquelle distinguer les humanoïdes des humains a mis les spectateurs à rude épreuve, ou le film Her, consacré à l’amour entre l’Homme et l’IA -, le sujet questionne également les chercheurs.
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) s’y est intéressé dans sa dernière étude, publiée le 21 mars. Les chercheurs de ce prestigieux institut se sont ainsi penchés sur les effets psychosociaux qu’ont les IA conversationnelles comme Chat GPT. Leur analyse différencie les modes d’interaction – voix neutre, voix engageante et texte -, mais aussi les types d’échanges – questions personnelles, ouvertes, etc.
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Basée sur l’usage mensuel de près d’un millier d’utilisateurs de ChatGPT et plus de 3 millions de requêtes, l’étude s’appuie également sur une analyse automatisée réalisée par OpenAI sur près de 40 millions de messages. « Dans l’ensemble, un plus grand usage quotidien, peu importe les modes et types d’interactions, est corrélé avec une plus grande solitude et dépendance, mais aussi avec une hausse des usages problématiques et une plus faible socialisation », indique l’étude.
De nouvelles recherches nécessaires
Les utilisateurs les plus engagés émotionnellement et ceux qui posent le plus de questions personnelles font face à davantage de solitude. De leur côté, ceux qui accordent un haut niveau de confiance à l’IA sont plus sujets à la dépendance émotionnelle. Quant à ceux qui ont un usage très intensif, ils sont plus susceptibles de considérer le chatbot comme un ami et de lui attribuer des émotions humaines.
ChatGPT compte quelque 400 millions d’utilisateurs hebdomadaires et une part croissante l’utilise pour des questions personnelles et pour avoir de la compagnie. Selon une étude de YouGov survey, la moitié des américains d’entre 18 et 29 ans se sentent à l’aise à discuter de leur problèmes de santé mental avec ChatGPT. Son usage n’a donc pas fini de soulever des questions.
Les chercheurs du MIT concluent : « Nous soulignons le besoin de poursuivre des recherches afin de déterminer si la capacité des chatbots à gérer du contenu émotionnel, sans encourager de dépendance ou le remplacement des relations humaines, reste bénéfique pour le bien-être général. »