Depuis l’adoption en 2019 de la Directive européenne sur le droit d’auteur (EUCD), Google fait grise mine. Pour cause, le moteur de recherche doit maintenant davantage rémunérer les éditeurs de presse lorsqu’il utilise leurs contenus. Bien que la firme de Mountain View pèse pour des milliards de dollars, rétribuer les médias pour les “snippets”, soit les quelques lignes présentées dans les flux de recherche avant les articles d’actualité, semble trop pour ses finances.
Alors, Google cherche des solutions. La dernière en date : démontrer que ces “snippets” ne lui apportent quasiment aucun revenu. Pour ce faire, le géant américain a lancé en novembre dernier ce qu’il qualifie d“expérimentation”. Il a ainsi retiré de Google Actualités, Google Search et Discover les contenus issus de médias auprès de 1 % des utilisateurs européens. Son objectif est d’ainsi démontrer qu’il n’en tire aucun bénéfice pour ses contenus publicitaires.
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« Lors de nos négociations pour nous conformer à la Directive européenne sur le droit d’auteur (EUCD), nous avons constaté plusieurs rapports inexacts qui surestiment largement la valeur des contenus d’actualité pour Google », soutient l’entreprise dans un court communiqué.
Google affirme que les contenus médiatiques n’ont pas d’impact sur ses revenus
Au cours du test, le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens a diminué de 0,8 %, sans que cela n’ait d’impact sur les recettes publicitaires. Du moins, c’est ce qu’affirme Google. « Qu’il s’agisse de trouver un fleuriste, d’obtenir les prévisions météorologiques ou de réserver un vol, les gens consultent Google pour de nombreuses raisons. Cette étude a montré que les gens continuent de consulter Google pour ces nombreuses autres tâches, même lorsque Google est moins utile pour les actualités. »
Autrement dit, éditeurs de presse européens, Google n’a pas besoin de vous ! Vous n’êtes pas assez rentables pour mériter une rémunération. Croyez-le sur parole, ne vous vexez pas… et surtout n’oubliez pas de dire merci car vous lui restez redevable !
« Dans le cadre de notre volonté de proposer un écosystème de contenu dynamique et sain, nous soutenons depuis longtemps les médias dans leur transformation digitale. Nous continuerons à travailler en partenariat avec les éditeurs pour les aider à atteindre leur public dans un monde où les technologies évoluent rapidement », assure Google.
La France retirée de l’expérimentation
A l’origine de l’étude, neufs pays étaient concernés, dont la France, mais aussi la Belgique, la Croatie, le Danemark, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne et l’Espagne. Dans l’hexagone, l’opération a été suspendue suite à une ordonnance du tribunal de commerce de Paris. La position ferme de la France sur ce sujet s’est aussi traduite en mars dernier, avec une amende de 250 millions d’euros pour utilisation non-autorisée de contenus publiés par les médias. Il est également intéressant de noter l’absence de l’Allemagne dans cette “expérimentation”.