50 nuances de boue et quelques éclairs
Avec God of War Sons of Sparta, Santa Monica Studio et Mega Cat Studios tentent une parenthèse en 2D dans la saga culte God of War. Exit la démesure nordique de ces derniers temps, place à un préquel centré sur un jeune Kratos, encore loin de devenir le dieu de la guerre que nous connaissons. Le récit nous plonge dans son adolescence spartiate, aux côtés de son frère Deimos, dans une aventure à la structure Metroidvania. Sur le papier, l’idée intrigue. Dans les faits, l’exécution laisse un goût d’inachevé… Bref, il est temps pour nous de vous en parler.
Pour une licence de cette envergure, oui, le résultat déçoit.
Le premier contact visuel surprend, mais pas forcément dans le bon sens. Le choix d’une direction artistique rétro en 2D aurait pu fonctionner. Pourtant, l’ensemble affiche une palette terne, dominée par des bruns et des gris qui finissent par se confondre. Certains décors parviennent à tirer leur épingle du jeu (comme un temple submergé de sang ou une forge monumentale), mais la majorité des environnements manquent de personnalité et d’identité forte.
Le vrai souci vient surtout des animations. Les mouvements de Kratos et des ennemis manquent de fluidité et de lisibilité ; et c’est pesant. Les affrontements deviennent parfois brouillons, les silhouettes se confondent, et l’impact visuel des coups semble étrangement léger pour une licence réputée pour sa brutalité. Là où la saga principale impressionne par sa mise en scène et sa puissance visuelle, Sons of Sparta paraît daté, presque fragile. Le tout n’est pas catastrophique, mais difficile d’ignorer le décalage avec les standards actuels du genre. Dans un marché saturé de Metroidvania sublimes, ce nouvel épisode peine à rivaliser. Pour une licence de cette envergure, oui, le résultat déçoit.
Côté audio, le retour de la voix grecque originelle de Kratos apporte une touche nostalgique appréciable. Les dialogues entre les deux frères constituent même l’un des points forts de l’expérience. L’écriture réussit à humaniser un Kratos encore jeune, parfois arrogant, parfois touchant. Les musiques, en revanche, peinent à marquer les esprits. Elles accompagnent l’action sans jamais véritablement la sublimer. Là où la saga principale sait galvaniser le joueur avec des thèmes épiques, cet épisode adopte une approche plus neutre, presque effacée. Les effets sonores, eux, manquent d’impact. Les coups portés ne dégagent pas cette sensation viscérale attendue d’un God of War. Résultat ? Même les affrontements les plus intenses semblent manquer de poids.