Quand la réalité impacte la fiction
En début de semaine, 4A Games et Deep Silver (PLAION) nous donnaient rendez-vous ce jeudi soir pour découvrir un premier aperçu de METRO 2039, le prochain FPS de la licence en développement depuis sept ans. Vous pouvez revoir la présentation complète dans notre précédent article et en bas de page. S’il y a bien une chose à retenir, c’est qu’il sera impossible de dire que ce jeu n’est pas politique, s’inscrivant dans un contexte de guerre qui a durement marqué les développeurs. Cela s’est traduit dans leurs propos présentant le projet, de même qu’au travers du communiqué de presse que nous avons reçu, allant jusqu’à mettre en avant la plateforme de donation UNITED24.
L’histoire de METRO 2039 a ainsi été impactée dès 2020 par le COVID (même s’il n’a pas été cité) puis par l’invasion de l’Ukraine en 2022, puisqu’elle a subi une réécriture complète. Son développement a donc directement été influencé par le vécu de l’équipe, qui rappelle tout de même que plus de 25 nationalités sont présentes dans ses effectifs, toutes « unies par un esprit ukrainien de détermination et de fierté pour leurs projets ». Conçu depuis Kiev, où se trouve la majorité des effectifs, et Malte, ce jeu devrait rester fidèle à l’esprit de la licence, surtout que Dmitry Glukhovsky a participé, lui qui a dû s’enfuir de Russie où il est désormais recherché, encourant une peine de prison pour avoir critiqué son gouvernement au début de la guerre… Comme précisé, si le propos des précédents jeux était d’éviter la guerre, le message de ce quatrième épisode principal en abordera « ses conséquences, le prix du silence, les horreurs de la tyrannie et le coût de la liberté ».
4A Games a de nouveau utilisé son propre moteur de jeu (le 4A Engine) pour donner vie à cet enfer souterrain, qui n’a pas pour but d’être un terrain de jeu ou une vision idéalisée de ce que donnerait un monde post-apocalyptique, mais bien de montrer les tragédies pouvant découler des choix faits par l’humanité. Tout y a été conçu à la main avec comme approche de level design ce qui est appelé des « récits figés », où chaque décor raconte quelque chose et témoigne de l’activité passée. En clair, un réalisme environnemental dont la seule limite créative est la vision de l’équipe.
Un retour aux sources dans le métro de Moscou
Si Artyom a fait son temps en tant que protagoniste, il y aura à minima un personnage familier présent dans METRO 2039, un ancien membre de l’Ordre de Sparte, le Ranger Hunter. Après les néonazis du IVe Reich et leur Fürher dans Metro 2033 et Last Light, c’est ce dernier qui endosse désormais un tel titre à la tête du Novoreich.
La première cinématique de ce nouvel épisode met donc en avant la propagande, l’enlèvement et l’endoctrinement de la jeunesse sous ce régime tyrannique, tout en introduisant le protagoniste que nous incarnerons, l’Étranger, qui est clairement un ancien Ranger à en juger par son casque. L’emphase sur les enfants (les siens ?) et ce village en flammes trace sans doute un parallèle avec la réalité et les pertes civiles causées par la guerre, en plus de potentiellement introduire la quête du personnage. Il va donc revenir dans le métro, hanté et enchaîné par le passé. Ses visions semblent dues aux Sombres (Dark Ones), ces êtres humanoïdes n’ayant que quatre doigts que nous retrouvons aux côtés de l’étrange vieille femme et même sur ce curieux dessin qui évolue au fil des séquences. Si vous aimez l’horreur psychologique, c’est donc bon signe.
Le ton de la vidéo n’a rien d’innocent puisque les développeurs nous promettent une histoire plus sombre que jamais, avec une campagne solo narrative centrée « sur les choix, les actions, les conséquences et le prix à payer pour assurer l’avenir ». Notez également la présence de ce qui ressemble à des Démons dans les cieux de la ville en ruine de Moscou. Le court extrait de gameplay nous montre quant à lui une séquence prenant sans doute place à l’arrivée de l’Étranger dans le métro, qui se fait rapidement courser par un Nosalis. Cela le mène devant les portes d’un tunnel habité où il parvient tant bien que mal à tuer le mutant, avant d’être traîné à l’intérieur avant que le reste de la meute n’en fasse son quatre-heures.
Mais qui est The Stranger ?
En termes d’intrigue, nous ne savons officiellement que ce qui suit :
Année : 2039
Depuis un quart de siècle, les derniers survivants de la guerre nucléaire sont pris dans un conflit sans fin dans les profondeurs du métro, sous la ville empoisonnée de Moscou. Aujourd’hui, les factions souterraines sont unifiées sous une seule bannière : le Novoreich, dirigé par un nouveau Führer appelé Hunter, le légendaire Spartan. Le Führer promet le salut et une nouvelle vie aux habitants de la surface. Pourtant, les communautés restent piégées au plus profond du métro, noyées sous la propagande et la désinformation, souffrant de ce régime autoritaire.
Dans METRO 2039, les joueurs incarnent The Stranger, un reclus hanté par de terribles rêves éveillés, contraint de redescendre dans le métro, pourtant un endroit où il s’était juré de ne jamais revenir. The Stranger sera un personnage principal entièrement doublé, renforçant l’immersion dans la narration emblématique de METRO.
Pour autant, ce nouveau protagoniste doté de la parole a déjà fait naître chez les fans une théorie pas si folle que ça, celle qu’il serait en réalité Hunter en raison de la phrase en latin « Hostes delendi sunt » présente sur le casque de l’Étranger (voir les visuels en page suivante), qui rappelle ce que disait le personnage dans Metro 2033 : « Si c’est hostile, tue-le ». Les paroles de la vieille femme n’en seraient elles que plus profondes. Le twist narratif serait intéressant et nous n’avons après tout pas vu le visage de ce fameux Führer pour le moment, donc tout est possible.
Pas encore de date, mais le terminus est en vue !
METRO 2039 sortira sur PS5, Xbox Series X|S et PC (Steam, Epic Games Store, Microsoft Store) dans le courant de l’hiver, sans plus de précision. Il pourrait donc ne pas être disponible avant le début de l’année 2027, comme cela avait été le cas pour Metro Exodus.
En attendant, vous pouvez retrouver ce dernier à seulement 11 € chez Gamesplanet dans sa Gold Edition.