Des étoiles plein les yeux, mais des bugs dans la lunette
Aphelion marque un nouveau virage pour Don’t Nod, un studio bien connu pour ses expériences narratives marquantes, souvent centrées sur les choix et les émotions. Avec ce projet, l’équipe s’éloigne de sa formule habituelle pour proposer une aventure de science-fiction plus orientée exploration et action, dans un cadre résolument spatial. Disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X / S et PC, le titre tente de mêler narration forte et gameplay d’exploration, avec une approche plus linéaire et cinématographique. Mais finalement, cela donne quoi ? Eh bien parlons-en dans ce test.
Les problèmes techniques viennent accentuer cette impression d’inachevé.
Avant toute chose, parlons de la partie visuelle. Oui, dès les premières secondes, Aphelion impressionne immédiatement par la beauté de ses environnements. La planète Persephone déploie sous nos yeux des étendues glacées à perte de vue, des formations rocheuses sculptées par des forces mystérieuses et des phénomènes magnétiques presque hypnotiques. Chaque panorama semble pensé pour en mettre plein la rétine, avec un sens du cadrage et de la lumière qui évoque parfois les grandes fresques de science-fiction. Certaines séquences donnent même l’impression de contempler une peinture en mouvement, tant le travail sur les couleurs froides et les contrastes lumineux est soigné. À ce niveau-là, difficile de ne pas saluer une direction artistique inspirée, capable de créer un véritable sentiment d’isolement et de grandeur.
Mais ce vernis visuel commence à se fissurer dès que nous quittons les grandes cartes postales pour nous concentrer sur les détails. Les modèles de personnages manquent de précision et d’ancrage dans le décor, donnant régulièrement l’impression qu’ils glissent ou flottent légèrement au-dessus du sol. Les animations, quant à elles, peinent à convaincre sur la durée, avec des transitions parfois rigides et des interactions qui manquent de naturel. Le contraste devient alors frappant… d’un côté, des environnements majestueux, de l’autre, des personnages qui semblent ne jamais vraiment appartenir à ce monde. Cette dissonance casse progressivement l’immersion, surtout lors des phases plus techniques comme l’escalade.
Les problèmes techniques viennent accentuer cette impression d’inachevé. Entre collisions capricieuses, éléments du décor mal reconnus et petites anomalies visuelles, l’illusion se brise plus souvent qu’elle ne devrait. Certains moments deviennent même involontairement frustrants, notamment lorsque le personnage refuse de s’accrocher à une prise pourtant évidente ou reste bloqué dans une animation étrange. Aphelion réussit donc un paradoxe assez frustrant, celui d’émerveiller à distance, mais de décevoir au contact. Une direction artistique solide, presque fascinante, qui méritait clairement une exécution technique plus aboutie pour pleinement briller.