Des pixels qui brillent… puis qui brouillent tout
Chaud devant, R-Type Dimensions III remet sur le devant de la scène le cultissime R-Type III: The Third Lightning, sorti à l’origine sur Super Nintendo en 1993. Cette nouvelle version propose un lifting 3D, la possibilité de basculer instantanément entre l’affichage d’origine et la refonte moderne, ainsi que quelques options de confort pour rendre l’expérience un peu moins brutale. Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, cette modernisation donne parfois l’impression qu’un chef-d’œuvre d’antan s’est retrouvé coincé dans un chantier mal terminé. C’est-à-dire ?
La 3D surcharge l’écran d’effets.
Visuellement, ce R-Type nouvelle formule sait parfois flatter la rétine. Les environnements organiques des stages Bydo, les surfaces métalliques du fameux couloir industriel ou encore certains effets lumineux profitent très bien de la refonte 3D. Les armes gagnent aussi en spectacle. Le Cyclone Force devient une sphère énergétique très stylée, tandis que les décors suintent cette ambiance science-fiction des années 90, entre cauchemar spatial et trip biomécanique. Durant quelques minutes, nous avons presque envie d’applaudir cette résurrection. Oui mais, il y a un « mais ».
Le problème, c’est que ce vernis craque rapidement. Là où le pixel art original restait lisible en toutes circonstances, la 3D surcharge l’écran d’effets, de reflets et de détails qui nuisent à l’essentiel : comprendre ce qui est dangereux. Dans un shoot’em up aussi exigeant, distinguer une balle ennemie d’un simple effet décoratif n’est pas un détail, c’est la base. Certains passages deviennent franchement confus, notamment dans les niveaux qui utilisent les rotations héritées du Mode 7. L’image tourne, les parois avancent, le décor clignote… et notre petit vaisseau finit souvent en miettes sans vraiment comprendre pourquoi.
Nous avons aussi remarqué des baisses de fluidité dans le mode 3D, notamment dans les stages les plus chargés. Ironiquement, un titre connu à l’époque pour ses ralentissements techniques reproduit le même défaut trente ans plus tard, mais cette fois dans une version censée le moderniser. Heureusement, un bouton permet de repasser immédiatement à l’affichage d’origine. Et très honnêtement, nous avons souvent préféré cette option. Pourquoi ? Car c’est plus propre, plus lisible et, surtout, bien plus agréable à jouer.

