La semaine dernière, Spotify a officialisé un partenariat avec Universal Music Group permettant à ses abonnés Premium de créer des remixes et des reprises de morceaux d’artistes du label via l’IA générative. La fonctionnalité sera payante (en supplément de l’abonnement) et réservée aux artistes ayant explicitement donné leur accord. Une partie des revenus générés leur sera reversée sous forme de redevances. Charlie Hellman, responsable de la musique chez Spotify, y voit une « nouvelle source de revenus » pour les créateurs. Les marchés ont applaudi : l’action a bondi de plus de 10 % dans les jours suivants.
Spotify veut transformer chaque morceau en expérience IA
Ce changement de posture pour le moins radical est assumé jusqu’en haut lieu. Alex Norström, co-PDG, a expliqué que la musique IA non encadrée existe déjà, qu’elle prolifère, et que Spotify préfère l’intégrer de manière « légale et contrôlée » plutôt que de laisser le terrain au slop, ces contenus automatisés de mauvaise qualité qui inondent déjà les plateformes.
Un morceau pourrait « devenir 10 000 chansons » au sein même de l’application
L’argument commercial suit : devant les investisseurs, il a décrit la promesse de l’outil en une idée phare : un morceau pourrait « devenir 10 000 chansons » au sein même de l’application. Difficile d’être plus direct.
Cette bascule s’inscrit dans une trajectoire cohérente. Spotify avait déjà introduit un cadre plus strict pour la musique IA en septembre dernier, avant de déployer un badge d’authenticité face à l’explosion des profils synthétiques, dont 26 % des morceaux indexés seraient désormais générés par IA. L’intégration offensive est donc la prochaine étape logique, après des années de gestion défensive.