AI Mode boosté à Gemini 3.5 Flash, agents capables de passer des appels à votre place, accès à vos emails et photos via la « Personal Intelligence », n’en jetez plus… En quelques jours, Google a empilé les démonstrations au point de provoquer une réaction inattendue : une forme de nausée d’une partie des internautes qui a tout simplement décroché face à cette irruption totale de l’IA dans l’ensemble de l’écosystème de Google. Et DuckDuckGo en a profité pour saisir l’opportunité de la saturation.
DuckDuckGo capitalise sur le besoin de reprendre le contrôle
Les chiffres sont parlants. Pendant le long week-end américain du Memorial Day, les installations de l’application mobile DuckDuckGo ont progressé de 18,1 % en moyenne aux États-Unis sur une semaine, avec un pic à 30,5 % le 25 mai. Sur iOS, la progression est encore plus marquée : jusqu’à près de 70 % lors de cette même journée. Du côté de la version « No AI » du moteur (accessible via noai.duckduckgo.com) la hausse des visites atteint en moyenne 22,7 %, avec un sommet à 27,7 % le 24 mai. Ces données ne viennent pas d’un contexte ordinaire car elles coïncident précisément avec le moment où l’overdose de communication autour de l’IA Google atteignait son paroxysme. Autrement dit : le phénomène observé n’est en rien dû au hasard.
Gabriel Weinberg, fondateur et PDG de DuckDuckGo, ne mâche pas ses mots : Google impose l’IA à ses utilisateurs sans leur laisser la moindre option de s’y soustraire, dégradant ainsi l’expérience de recherche plutôt qu’elle ne l’améliore.
C’est précisément sur ce point que son moteur joue sa différenciation. DuckDuckGo n’est pas anti-IA : la plateforme propose depuis plusieurs mois son propre assistant, Duck.ai, qui donne accès à différents modèles. Mais tout reste optionnel, anonyme, sans collecte de données. Et ce positionnement est complètement à rebours de la logique du tout-IA par défaut portée par les géants.
Un effet temporaire avant la tendance de fond ?
Il ne faut pas s’enflammer face à cet épiphénomène puisque ce regain de forme reste totalement marginal en volume absolu : DuckDuckGo représente moins de 2 % du marché américain de la recherche, et bien moins en Europe. Mais c’est précisément pour ça que ce signal mérite d’être pris au sérieux. Il ne traduit pas un changement radicale des habitudes mais témoigne plutôt d’une lassitude documentée de la part d’une frange croissante d’utilisateurs face à une IA qui s’impose sans invitation. Pour Google, l’enjeu dépasse la part de marché : c’est la promesse d’une recherche améliorée par l’IA qui commence à être questionnée et parfois rejetée.