50 plateformes crypto menacées de fermeture faute d’agrément européen

Une cinquantaine de plateformes n’ont toujours pas leur agrément. Certaines, clairement, ne l’auront jamais.

Un ultimatum qui ne rigole plus

L’AMF ne mâche plus ses mots et annonce la couleur. Dans un communiqué récent, l’autorité juge désormais « très improbable » que certains acteurs finalisent leur dossier CASP à temps. Sur les quelque 90 PSAN encore recensés en France, une cinquantaine n’ont pas décroché le précieux sésame. Etant donné que les délais d’instruction peuvent facilement dépasser quatre mois quand les dossiers arrivent incomplets, le compte à rebours est lancé et fatalement il va y avoir de la casse.

Un nombre non négligeable de plateformes vont être contraintes de fermer

Concrètement, depuis le 30 mars 2026, les plateformes sans agrément ne peuvent plus accepter de nouveaux clients ni faire la moindre promotion commerciale. C’est déjà l’antichambre de la fermeture depuis cette date. Et c’est le 1 juillet que le couperet va définitivement tomber. A cette date, les choses sont limpides et brutales&nbsp: deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende attendent ceux qui tenteraient de passer entre les mailles. Sans compter la liste noire et le blocage des sites web que l’AMF se réserve le droit d’activer.

MiCA, un filtre autrement plus sévère que le régime PSAN

Obtenir l’agrément MiCA, c’est un parcours du combattant pour lequel il faut être équipé que l’on soit un géant du secteur ou une petite structure. Le règlement européen a fait parvenir sa liste de courses et il exige un nombre considérable d’éléments. Cela passe par des fonds propres renforcés, une gouvernance solide, des audits de sécurité réguliers et une séparation totale entre l’argent des clients et celui de la boîte. Des exigences directement inspirées du fiasco FTX, qui a lamentablement montré au monde entier ce que ça donne quand les deux se mélangent.

Certains ont déjà franchi la barre sans la faire tomber. C’est le cas de Bitstack ou encore Deblock. Binance, lui, reste dans l’expectative, ce qui est assez paradoxal pour la première bourse crypto mondiale, enregistrée en France depuis 2022, mais c’est ainsi. Des dizaines de structures plus modestes tentent d’emprunter une autre voie&nbsp: décrocher l’agrément auprès d’un régulateur étranger jugé moins exigeant pour ensuite revenir sur le marché français via le passeport européen. C’est tortueux et l’AMF a dores et déjà les yeux grands ouverts sur cette stratégie.

Ce que ça change pour les investisseurs

Pour les plateformes qui vont être contraintes de fermer, les obligations ne s’arrêtent pas à couper les serveurs, ça serait beaucoup trop simple. Elles doivent prendre soin de restituer les crypto-actifs à leurs clients ou les transférer vers un PSCA agréé, avec un préavis suffisant. Une opération qui s’annonce dès à présent complexe quand une partie des investisseurs, peu pressés ou tout simplement injoignables, ne répondent pas.

Du coup, l’ESMA a lancé un avertissement cette semaine&nbsp: vérifiez que votre plateforme figure bien sur la liste blanche des PSCA autorisés publiée par l’AMF. Si elle n’y apparaît pas avant le 1er juillet, anticipez le transfert vers un portefeuille auto-hébergé ou un prestataire agréé. On a déjà vu ce que ça donne quand on attend trop longtemps, cela crée quelques déconvenues…

À terme, ce nettoyage réglementaire va resserrer le marché français autour d’un noyau d’acteurs conformes. Fatalement moins nombreux, mais mieux capitalisés. Un marché plus étroit, peut-être. Mais un marché où les règles du jeu sont enfin les mêmes pour tout le monde et c’est sans doute là l’essentiel.

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