La plateforme fondée par Eugen Rochko vient tout récemment de sortir sa version 4.6. Celle-ci, parmi ses nouveautés, propose désormais aux utilisateurs de proposer un abonnement par mail aux publications du compte. Tout ceci se fait en toute simplicité puisqu’il n’est même pas nécessaire de créer un compte spécifique ou de faire preuve de maîtrise technique. Une simple adresse mail est suffisante pour recevoir, sous forme de newsletter cette fois, les derniers posts du compte en question.
Une barrière qui tombe enfin
Mastodon, bien que de plus en plus populaire, a toujours souffert de son approche technique. Cela rebute un certain nombre d’utilisateurs potentiels. En effet, choisir un serveur ou encore saisir la fédération entre différentes instances ne font clairement pas partie du vocabulaire quotidien de celles et ceux qui se contentent de scroller indéfiniment. Mais avec ce système de newsletter, la simplicité fait enfin son arrivée sur Mastodon. Le compte utilisateur devient uniquement un point d’entrée qui n’est pratiquement plus utilisé par les abonnés, une fois la souscription à la newsletter effective.
Voici comment se présente l’inscription à une newsletter Mastodon.
Vu depuis le monde des médias, cette nouveauté est loin de passer inaperçu dans un contexte global où beaucoup de médias ont déjà tourné le dos à X. Ainsi, parvenir à investir un canal social media fiable dont on ne dépend pas d’un algorithme capricieux et parfois mal intentionné s’avère devenir une véritable quête en soi. La newsletter Mastodon coche beaucoup de cases dans ces circonstances. Elle offre un lien direct avec le lectorat sans pâtir d’une visibilité algorithmique qui n’est pas favorable.
Avec ce système de newsletter, la simplicité fait enfin son arrivée sur Mastodon.
Il n’y a pas que les médias installés qui regardent cette nouvelle fonctionnalité avec envie. Qu’il s’agisse de journalistes indépendants ou de blogueurs, chacun peut y trouver une bonne raison de sauter le pas car un abonnement par mail ne laisse pas de trace identifiable sur la plateforme et surtout, étant donné que les comptes Mastodon sont portables (réseau social décentralisé), un auteur de compte peut changer de serveur tout cela sans perdre son audience abonnée à sa newsletter. C’est un peu technique mais ces notions s’appréhendent facilement et offrent, via Mastodon, une liberté inégalée par aucune autre plateforme, Substack compris.
Dernier détail technique, qui là encore n’est pas anodin, il concerne la limite de caractères. Initialement, celle-ci est positionnée à 500 caractères par publication mais elle peut facilement être relevée par les administrateurs de serveurs. Ce qui, dans le monde des médias une fois encore, peut facilement faire émerger des formats longs ou hybrides entre micro blogging et article.
Les Collections, ou l’art de la curation
La toute dernière version de Mastodon ne manque pas de nouveautés. On parle ici des Collections. Il s’agit de listes de comptes recommandés, partagés librement dont l’inspiration est puisée directement des Stater Packs mis en place par Bluesky lorsque l’on s’y inscrit. Une différence est tout de même à noter, l’apparition dans une collection ne peut se faire que si l’on a explicitement donné son accord pour y apparaître et le retrait peut se faire à tout instant. C’est facile, c’est limpide, il n’y a pas de conditions particulières, c’est ça l’esprit Mastodon.
Mastodon offre une liberté de paramétrage inégalée par aucune autre plateforme sociale.
Maintenant, une question demeure qui est celle de la présence ou non des utilisateurs. Jusqu’à présent, Mastodon reste scotché à environ 735 000 utilisateurs actifs mensuels. Un score modeste, surtout en comparaison du pic à 2.5 millions atteint par la plateforme au moment du rachat de Twitter par Elon Musk.
Il demeure que l’ADN de la plateforme n’est pas de fédérer nécessairement la plus grande communauté qui soit. Son fonctionnement (fragmentation en serveurs indépendants), longtemps vu comme un repoussoir comment à devenir un véritable atout pour les médias. Dans cet écosystème, chaque rédaction serait en mesure d’administrer son espace comme bon lui semble en y appliquant ses propres règles.
Pour terminer, il y a un dernier aspect financier à prendre en compte, c’est le coût d’envoi d’une newsletter pour la structure émettrice. C’est pour cela que la fonction reste désactivée par défaut et comme toujours, Mastodon laisse le choix à chacun de se saisir ou non de la fonctionnalité.