Dès 2027, tous les lycéens de seconde auront un cours d’IA chaque semaine

“Nous ne pouvons pas laisser une génération entière découvrir l’IA sans lui donner les clés pour la comprendre et donc la maîtriser”, c’est par cette phrase sans ambiguïté que le locataire de Matignon a voulu faire en sorte que l’école cesse d’être à la traîne sur un sujet qui est déjà au cœur des usages des adolescents. Une technologie massivement utilisée, sans formation préalable et sans accompagnement, c’est là tout le danger actuel de l’IA utilisée par les lycéens et lycéennes et c’est l’axe que veut contrer Sébastien Lecornu avec cette annonce.

Une heure, chaque semaine, pour tous les lycéens consacrée à l’IA

Il n’y aura pas de nouveau cours clairement intitulé “IA” mais ce nouveau module prendra place dans le cours de sciences numériques et technologie déjà mis en place en classe de seconde. Le programme n’est pas encore fixé mais de premières orientations se dessinent telles que le fonctionnement fondamental des modèles de langage, quels usages concrets peut-on de l’IA, un volet éthique (essentiel à ce niveau) ainsi qu’une partie consacrée à la souveraineté numérique. Une ultime partie, indispensable, aura attrait au développement de l’esprit critique face aux fake news et à leur forte pénétration dans la société.

Prendre le train avant qu’il ne soit trop tard

Edouard Geffray, ministre de l’Education Nationale indique que ce choix s’inscrit dans un contexte inédit. Puisqu’à l’instar de ce qui avait été mis en février 2025, sous Elisabeth Borne (formation IA en ligne pour les classes de 4e et seconde uniquement, sans caractère obligatoire ce qui avait entraîné un flop dans son usage), cette nouvelle mouture de la formation sera un dispositif permanent qui va s’adresser à tous les lycéens sans distinction, de quoi, selon le Ministre, être en mesure d’en constater les bénéfices.

La souveraineté numérique comme tapis de fond de la réforme

Pour mener à bien ce nouveau chantier auprès de la jeunesse, la stratégie nationale pour l’IA se voit dotée d’une enveloppe budgétaire complémentaire à hauteur de 655 millions d’euros. Cette stratégie, sous couvert d’un apprentissage fondamental pour la jeunesse, est également un moyen d’appuyer fortement sur une obsession toute française, la souveraineté numérique. Dans un écosystème où la France veut sa part du gâteau, il est important de montrer qu’en France, on n’a peut-être pas de pétrole, mais on a de l’IA&nbsp!

Pour la jeunesse, la situation demeure tout à fait paradoxale puisqu’en parallèle de cette annonce, l’exécutif est en train d’accélérer sur le sujet de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Comprendre les algorithmes et se perfectionner dans l’IA d’un côté et restreindre fortement l’accès aux écrans de l’autre, telle est la mayonnaise qui risque d’être difficile à avaler pour tout un pan de la jeunesse. Mais du côté du Premier Ministre, ce télescopage relève davantage d’une cohérence que d’un paradoxe. On attend encore l’explication de texte.

Qui va prendre en charge ce sujet dans les lycées&nbsp?

Un dernier sujet demeure et se trouve être loin d’être tranché, qui va enseigner tout cela&nbsp? Alors que les enseignants eux-mêmes ne disposent pas de séances de formation en tant que telles pour appréhender le sujet, les élèves pourraient alors se retrouver face à une situation incongrue. Un programme ambitieux, des moyens humains inexistants, du matériel pas adapté et un programme qui pourrait risquer, une fois encore, de faire flop. Il reste 18 mois d’ici septembre 2027 pour adapter la situation et permettre à ce nouvel enseignement de trouver tout son sens et toute son utilité auprès de la jeunesse.

SOURCE