Comment cela va-t-il se passer en pratique ? Lorsqu’un utilisateur lancera une génération de photos via son outil Images 2.0, le LLM ira tout d’abord interroger ses banques partenaires, à savoir Getty, iStock ainsi que Unsplash. Si une vraie photo existe et correspond à la demande, alors elle va s’afficher. Si ce n’est pas le cas, la génération synthétique débute. Plus de systématisme dans la génération. On interroge d’abord, on génère peut-être ensuite. Cette nouvelle méthode permet à la fois de rationaliser une partie de l’énergie utilisée pour la génération des images et de soulager à minima les serveurs d’OpenAI. C’est également une manière de contribuer un petit peu à la lutte contre les dérives de la désinformation en lien avec la génération d’images.
La confiance pour ChatGT passe par… le réel
A l’occasion de l’annonce de cet accord, Craig Peters, le boss de Getty n’a pas minoré son enthousiasme en affirmant que cela allait permettre de rendre la recherche assistée par IA plus crédible en s’adossant à des visuels fiables et sous licence. On ne demande qu’à le croire. Encore faut-il qu’entre ces propositions de visuels, l’information à destination des utilisateurs soit à la hauteur avec des indications claires quant à la provenance réelle ou synthétique du cliché.
Une manière de rendre la recherche assistée plus crédible
En dehors de l’impact auprès des utilisateurs, ce qui est intéressant à regarder ici se situe au niveau des marchés. Une fois l’annonce faite, l’action Getty a littéralement explosé avec une remontada de plus de 100% en quelques heures après que le titre ait dévissé de 55% depuis janvier 2026 sous la menace de… l’IA générative. Drôle d’ironie que ce scénario.
C’est un peu la stratégie du phoenix pour Getty qui, rappelons le, en 2023 se positionnait frontalement contre l’IA générative et en première ligne du sujet des droits d’auteur, notamment après avoir traîné Stability AI devant les tribunaux pour avoir capté illégalement plus de 12 millions de leurs contenus.
Getty passe outre la une menace existentielle et mise sur l’opportunité économique
C’est peu dire que désormais l’agence a radicalement changé d’avis. Avant de passer cet accord avec OpenAI, Getty avait déjà mis un pied dans le génératif en mettant en ligne son propre générateur d’images entraîné sur son immense bibliothèque. Puis en octobre 2025, elle avait continué son incursion dans le sujet de l’IA générative en se rapprochant de rapprochée de Perplexity avant de taper dans la main d’OpenAI ces derniers jours. C’est un changement stratégique majeur pour la marque, celui de verrouiller l’usage de ses contenus originaux auprès de ceux qui se font une spécialité de les utiliser pour en créer de nouveaux.
Pour rappel, en 2023, Getty était le fer de lance de la lutte contre les contenus en IA
La situation n’est tout de même pas complètement expurgée de toutes questions non résolues. Parmi celles restées en suspens, il y a à la fois la question des conditions financières de l’accord ainsi que l’épineuse question qui consiste à savoir si OpenAI pourra entraîner ses modèles sur la bibliothèque fastueuse de Getty. La partie de poker menteur n’est pas encore complètement terminée et elle peut nous réserver encore quelques surprises.
Enfin, du côté des équipes conformité des deux bords, cet accord annonce une toute nouvelle ère quant au risque de violation du risque de propriété intellectuelle qui va tendre à se réduire. Cette détente s’accompagne d’une autre observation liée à la recherche visuelle assistée par IA où l’on constate que la part d’usage de photos réelles rebondi par rapport à la pure génération synthétique. Peut-être un signe que notre usage de l’IA générative va enfin débuter sa phase de maturité ?