La formule est courte, percutante et directe, en gros parfaite pour faire le tour du monde et ça tombe bien puisque c’est exactement ce qu’elle est en train de faire. Derrière cette punchline se cache un constat terrible. Quid des coûts cachés de l’IA ? Quand va-t-on arrêter de faire porter le fardeau du poids de l’IA à ceux qui ne peuvent pas le supporter ?
En 2025, les datas centers dédiés à l’IA ont consommés autant d’électricité que la France !
Pour y voir clair, commençons par faire le point sur quelques chiffres. En 2025, les datas centers dédiés à l’IA générative ont consommé 448 térawattheures d’électricité. Ça ne vous parle pas ? C’est normal, alors disons que cela équivaut à peu près à la consommation annuelle d’un pays comme… la France ! Et ne parions pas à ce que la tendance s’inverse dans les années à venir puisque l’ONU envisage déjà un doublement de la consommation d’eau, d’énergie et de pollution en lien direct avec l’IA et ce d’ici quatre ans seulement. Les projections tablent même jusqu’à 3% de l’électricité mondiale consommée en 2030 qui pourrait l’être par l’IA. Vertigineux.
Quand l’ONU hausse le ton face aux géants de l’IA
Cette situation a précipité la mise en place de l’AI Environmental Transparency Initiative qui a pour objectif de demander aux principaux acteurs du secteur de mesurer puis de publier quelle est leur empreinte environnementale réelle. Et au-delà de ces premières demandes, le texte pousse fortement à la bascule complète vers les énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie. Pour l’heure, il n’y a rien d’obligatoire et ce texte ne revêt aucun caractère contraignant et mise… sur la bonne volonté de chacun en la matière. Ce qui est important à l’heure actuelle, c’est le symbole que représente cette initiative puisque quand l’ONU s’empare d’un sujet tel que celui-ci, c’est qu’il a quitté les sphères des ONG pour entrer dans le jeu de la diplomatie internationale. Et ceci, en soit, est déjà une première victoire.
L’AI Environmental Transparency Initiative mise sur… la bonne volonté des acteurs de l’IA
Le manque de transparence quant à l’impact réel de l’IA sur l’environnement ne date pas d’hier. Les différences méthodologiques entre Google et Mistral avaient déjà été mises au jour il y a quelques temps de cela avec notamment des écarts quant à leur impact qui pouvait afficher des écarts jusqu’à un facteur 300 (!).
Sam Altman en personne avait dû sortir les rames pour tenter vainement de justifier la consommation énergétique colossale de ses modèles. Parallèlement à cela, plusieurs études mettaient en évidence que la consommation d’eau nécessaire à ces modèles pouvait être comparable à celle de toute l’industrie de l’eau en bouteille. Rien que ça !
Derrière les promesses de l’IA, le coût invisible des data centers
Derrière ces chiffres et cette vision macro de la situation, il y a également une réalité terrain que peu de personnes veulent voir. Lorsqu’un hangar climatisé sort de terre près de chez vous, il n’y a personne pour vous indiquer quelle quantité d’eau il pompe dans les nappes phréatiques pour faire tourner ses modèles au détriment des habitants et de leurs besoins quotidiens. Dans ce contexte, ce qu’il s’est passé à Londres sera peut-être une première étape vers la prise de conscience et espérons que cela engendrera de vraies politiques en la matière et non pas de nouvelles promesses qui, rappelons le, n’engagent que celles et ceux qui veulent y croire.