Le petit nom de cette nouveauté qui n’ est pas tout à fait une ? Remix Lab. Cette nouvelle fonctionnalité trouve sa place au cœur du Deezer Club. Quel en est son principe concrètement ? A vous de choisir le titre de votre choix parmi la liste de titres disponibles (encore restreinte, on va en reparler) sur la plateforme, lui appliquer un effet (sped up, reverb ou changement complet du style musical d’origine), effectuer quelques paramétrages et enfin attendre quelques secondes avant de pouvoir déguster avec vos oreilles cette toute nouvelle version inédite que vous pouvez, sans attendre, partager dans tout l’écosystème Deezer. Rien de bien nouveau en apparence côté utilisateurs, pourtant cela initie un véritable mouvement.
Quelques titres sont pour l’heure concernés par cette fonctionnalité
Côté catalogue, on ne peut pas parler pour l’heure de razzia. Quelques titres sont pour l’heure concernés par cette fonctionnalité. On peut notamment citer le titre Meuda de Tiakola, Alonzo, Zaho, Ronisia ou encore Mosimaan avec Gaëtan Roussel. La raison de cette sélection frugale ? Chaque titre a nécessité une validation en amont par l’artiste. C’est fastidieux, mais cela permet de faire les choses dans les règles. Du côté de la plateforme, on préfère (pour l’heure) insister sur la simplicité d’usage de l’outil. Il ne faut pas être un pro du son pour prendre possession de la fonctionnalité comme l’indique Pierre Trochu, responsable produit chez Deezer : “Cette fonctionnalité mise sur la simplicité : en quelques clics les utilisateurs peuvent redécouvrir un titre qu’ils connaissent déjà, en lui appliquant des effets simples et populaires”.
« Remix Lab » fait son arrivée sur Deezer.
La question du cadre légal qui rebat les cartes
Au travers de cette nouvelle fonctionnalité, c’est la question de la mécanique de rémunération qu’il faut regarder de près. En effet, via ce dispositif, la rémunération d’un remix va être comptabilisée de la même manière que l’écoute du morceau d’origine. De cette manière, chacun a son rôle bien défini. L’auteur est rémunéré, le fan a eu le droit de s’amuser avec l’un de ses titres préférés et la plateforme reste fidèle à ses engagements initiaux. Dans ce cadre, Deezer poursuit son engagement Artist-Centric entamé de longue date qui fait que les streaming frauduleux ne bénéficie d’aucun dispositif particulier sur la plateforme.
Une fonctionnalité qui ne mise pas sur l’IA générative contrairement à ses concurrents
Techniquement parlant, cette fonctionnalité (et c’est à souligner) fonctionne sans aucun apport de l’intelligence artificielle. La plateforme a fait le choix de faire confiance à Spleeter, sa technologie maison et open-source de séparation des pistes disponible depuis 2019. Un chois qui singularise la plateforme dans un écosystème où le leader du marché a fait le choix de bâtir son outil de remix avec de l’IA générative et ce suite à un accord passé avec Universal Music Group. D’un côté nous avons un système de recomposition automatisée et de l’autre, de l’édition appliquée à l’enregistrement initial. Pour un même domaine de créativité, deux philosophies radicalement différentes. A chacun de faire son choix.
Deezer joue sa carte de la différenciation
Qu’on ne s’y méprenne pas, l’annonce faite par Deezer en cette période n’a rien d’anodin puisqu’il y a un mois tout juste, c’était le leader suédois du secteur qui annonçait son système de remix via l’IA dont nous venons de parler. Par ailleurs, la plateforme française affiche une belle santé car elle vient tout juste de boucler son premier exercice rentable en dix-huit ans. Face à des concurrents qui multiplient les investissements dans d’autres secteurs, l’entreprise française cherche encore et toujours à se singulariser en approfondissant les champs de la personnalisation algorithmique ou encore de la détection de musique générée par IA.
La mise en place de la fonctionnalité s’accompagne de quelques activations communautaires telles que des concours via le Deezer Club avec quelques lots à la clé. Mais l’enjeu est ailleurs pour la plateforme. Il est de savoir si les auditeurs abreuvés continuellement de remix sauvages vont accepter de se prêter au jeu avec des règles plus strictes et un catalogue plus modeste. Au-delà des apparences, c’est aussi une qualité et un respect des artistes que poursuit Deezer avec ce type de déploiement. A voir si cela va convaincre.