Après avoir remplacé des salariés par l’IA, ces entreprises font déjà marche arrière

La plupart des entreprises ayant remplacé en masse leurs salariés au profil de l’intelligence artificielle retournent leur veste et embauchent des employés pour dynamiser de nouveau leur croissance. Ainsi les licenciements liés à l’IA, présentés comme des gains de productivité, apparaissent désormais davantage comme étant des erreurs stratégiques que comme une évolution sans précédent. Pour information, 32 % des responsables du recrutement aux Etats-Unis déclarent avoir supprimé un poste principalement en raison de l’IA, avant de finalement réembaucher pour ce même poste. De plus, 55 % des employeurs ayant restructuré leurs effectifs pour intégrer l’IA regrettent aujourd’hui ces vagues de licenciement.

Le géant de l’automobile, Ford fait volte face

L’exemple de Ford est celui qui interpelle le plus. Le constructeur américain avait licencié bon nombre d’ingénieurs expérimentés et avait misé massivement sur les outils IA pour automatiser les contrôles de conception et de qualité, pour finalement se rendre compte que ces systèmes ne pouvaient pas encore égaler le jugement humain sur des points complexes.

Faisant face à de nombreux problèmes de qualité sur ses nouveaux modèles, Ford a dû faire machine arrière en réembauchant plus de 300 ingénieurs afin de renforcer ses lignes de production. Charles Poon, vice-président de Ford en charge de l’ingénierie matérielle des véhicules avoue&nbsp:

À tort, nous pensions qu’il suffisait d’introduire l’intelligence artificielle et d’y intégrer nos exigences de conception pour obtenir un produit de haute qualité.

Une leçon à retenir pour l’avenir

Ce revirement de stratégie de la part des entreprises ne touche pas seulement le secteur automobile. En effet la Commonwealth Bank of Australia (CBA) aurait également licencié plus de 40 agents du service client pour les remplacer par des assisants IA avant de constater que ce nouveau système était incapable de gérer les demandes réelles. En conséquence, la banque a annulé ces suppressions de poste et a rappelé ses employés.

Malgré ces revirements de quelques entreprises, les données indiquent quand bien même que l’IA reste un facteur majeur de licenciement. 40 % des suppressions de postes annoncées en mai dernier étaient attribuées à l’intelligence artificielle, portant le nombre total de licenciés aux Etats Unis à 87 714 pour l’année 2026.

Pourtant, selon les experts, la moitié de ces licenciements pourraient être annulés d’ici 2027, mettant en lumière le décalage évident entre l’IA et la réflexion humaine. Cette vague de licenciement liée à l’IA a bien démontré la nécessité d’avoir une approche plus nuancée et progressive en intégrant l’humain dans les tâches complexes.

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