oomwoo : l’aspirateur robot open source que l’on fabrique soi-même, sans cloud

Matériel

oomwoo : l’aspirateur robot open source que l’on fabrique soi-même, sans cloud

Et si votre prochain aspirateur robot sortait tout droit de votre imprimante 3D ? C’est exactement le trip d’oomwoo, un projet lancé mi-juin 2026 par le développeur Ilia O. dans le cadre de sa série Maker’s Pet. Hardware, firmware, logiciel : tout est open source et l’engin tourne en local, sans jamais solliciter le cloud.

Open source de la carrosserie jusqu’au code

Le concept : le robot cartographie votre appart avec un LiDAR 2D à petit prix, puis se balade tout seul grâce à ROS 2 et à la pile Nav2, le tout piloté nativement depuis Home Assistant. Le châssis ? Imprimable en 3D, documenté et pensé pour être réparé. Même s’il est question de DIY et d’un aspirateur robot à construire soi-même, on ne parle pas d’un gadget jetable. C’est un appareil conçu pour durer.

Côté licence, le code est publié sous Apache License 2.0. Petit détail qui plaira aux amateurs de typo : oomwoo est un ambigramme rotationnel, il se lit pareil retourné à 180°, exactement comme le robot qui tourne dans tous les sens sur votre parquet. Franchement, bien vu !

Et pour ceux qui n’ont pas envie de jouer à la chasse aux composants, un kit (moteurs, PCB, brosses, joints, LiDAR) débarquera sur makerspet.com. Facultatif, évidemment : vous pouvez tout sourcer vous-même, notamment sur AliExpress, pour optimiser vos coûts. Les fonctions cloud et une future boutique d’applications ROS 2 (signée remake.ai) viendront se greffer par-dessus, mais le noyau ne changera pas : selon le développeur, l’aspirateur restera 100 % local, out of the box. Là où la majorité des robots s’appuient sur des services Cloud, c’est une vraie différence.

Le budget, alors ? C’est aussi là que se fait une grosse différence, car on parle de 90 à 170 euros de pièces, plus un Raspberry Pi 5 en version 4 Go de RAM (130 euros avec cette quantité de RAM). Soit au total, maximum 300 euros. À ce prix, vous obtenez un résultat censé titiller un aspirateur que l’on trouve dans le commerce aux alentours de 500 euros .

Un projet encore en mode chantier

oomwoo en est au tout début. C’est encore une ébauche. Il n’existe encore aucune notice de montage. La première étape, la v0, vise un assemblage minimaliste mais qui tourne :

  • Un châssis imprimé en 3D,
  • Une simulation dans le moteur Gazebo,
  • Une cartographie manuelle via le LiDAR,
  • ROS 2 qui tourne sur un Raspberry Pi 5 et/ou un ESP32 sous micro-ROS.

Il reste donc pas mal de boulot sur la pile : nomenclature complète, fichiers d’impression 3D, firmware, carte électronique moteurs + capteurs, docs de montage et de dépannage, et vidéos de démo. Une première BOM serait attendue autour de la mi-juillet.

Là où le projet est malin, c’est dans son découpage : robot et logiciel sont scindés en modules indépendants, et la communauté peut bosser dessus en parallèle. C’est aussi important pour la suite pour faire des déclinaisons avec plusieurs robots, tout en conservant la même couche logicielle.

Le « sans cloud », un vrai argument

L’approche local-first est un véritable avantage. Surtout que ces dernières années, il y a eu plusieurs affaires relatives à la sécurité de ces appareils. À la DEF CON 32, en août 2024, les chercheurs Dennis Giese et Braelynn Luedtke ont démontré que plusieurs modèles Ecovacs pouvaient être détournés en Bluetooth pour accéder à leurs caméras et leurs micros. Plus récemment, une faille dans la gamme Romo de DJI aurait laissé un bidouilleur atteindre quelque 6 700 aspirateurs dans le monde (plans d’appartement et flux vidéo live inclus).

Face à ce constat, il y avait déjà une parade côté geeks : flasher un aspirateur du commerce avec un firmware alternatif comme Valetudo, maintenu depuis 2018 par Sören Beye et publié lui aussi sous Apache 2.0. Sauf que ça implique de rooter le firmware d’origine, comme on le fait sur d’autres appareils. Une manipulation qui, au passage, flingue la garantie.

oomwoo, lui, prend le problème à la racine : on repart d’une page blanche. Sa conception de référence navigue uniquement au LiDAR 2D et aux capteurs de contact, sans la moindre caméra (un plus pour la privacy). La surface d’attaque exploitée dans les affaires précédentes ? Envolée. Cette philosophie n’a rien d’isolé : elle rejoint la vague des projets domotiques ouverts comme Homebridge 2.0, qui embarque désormais le standard Matter pour se libérer des applis propriétaires.

Reste la question à un million : un projet aussi ambitieux, communautaire et sans notice à ce stade, va-t-il vraiment aboutir ? Réponse dans les prochains mois… En attendant, voici les liens vers des ressources pour creuser le sujet :

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