Apple rachète SigLens, l’outil open source qui explose Splunk

Entreprise

Apple rachète SigLens, l’outil open source qui explose Splunk

Elle se présentait comme une plateforme d’observabilité open source jusqu’à 100 fois plus efficace que Splunk. SigLens, développée par la petite société SigScalr, vient de passer chez Apple. Le rachat n’a pas été révélé par la firme de Cupertino, mais via un document publié par la Commission européenne, au titre du Digital Markets Act. Mais, c’est quoi cette solution au juste ?

SigLens, une plateforme d’observabilité open source

SigLens est une plateforme d’observabilité open source. Observabilité, c’est quoi ça ? Certains d’entre vous se poseront sûrement la question. Ceci correspond à un outil capable d’avoir une visibilité précise et complète sur l’état d’une infrastructure applicative. C’est un outil capable de centraliser les journaux (logs), les métriques et les traces au sein d’un seul et même produit, plutôt que de jongler entre plusieurs solutions.

L’avantage de SigLens, c’est qu’il repose sur un binaire unique, sans dépendance externe, que l’on peut lancer aussi bien sur un poste de travail que sur un cluster en prod. Malgré cette architecture légère, le moteur de SigLens est capable d’ingérer de très gros volumes de données au quotidien. Le dépôt GitHub de SigLens indique d’ailleurs une efficacité jusqu’à 100 fois supérieure à celle de Splunk, ainsi qu’une réduction des coûts d’observabilité de l’ordre de 90 %. Ces chiffres relèvent de la communication de l’éditeur, mais si Apple a misé dessus, on peut imaginer qu’il y a une part de vérité.

Côté fonctionnalités, le projet SigLens mettait en avant plusieurs points d’entrée compatibles avec l’écosystème existant :

  • Ingestion multi-formats, avec la prise en charge d’OpenTelemetry, d’Elastic, de Splunk HEC ou encore de Loki.
  • Plusieurs langages de requête, dont le langage SPL de Splunk et le SQL.
  • Une architecture décrite comme simple à déployer, pensée pour réduire la maintenance.

SigScalr est une petite entreprise fondée en 2021 par Kunal Nawale, un ancien de Salesforce (2017 à 2021), où il a travaillé sur des projets big data avant de se spécialiser dans la supervision applicative et l’observabilité. Basée à Nashua, dans le New Hampshire, la structure disposait de relais en Californie, dans le Montana et en Inde. Le code de SigLens avait été publié en open source en 2024, après une phase de développement menée à l’abri des regards.

Un rachat dévoilé par l’Europe, plutôt que par Apple

Apple n’a pas publié de communiqué pour évoquer le rachat de SigSclar. C’est la Commission européenne qui a révélé cette information croustillante en publiant un résumé de cette opération commerciale sur son site. Selon ce document, Apple a acquis certains actifs de SigScalr, ainsi que la possibilité de recruter certains de ses salariés.

Ce mécanisme découle du Digital Markets Act : la notification auprès de l’Union européenne est obligatoire pour les acquisitions susceptibles de concerner les utilisateurs européens. La Commission en publie ensuite un résumé, au plus tôt quatre mois après avoir reçu la notification. En l’occurrence, l’opération a été notifiée le 12 mars 2026 et rendue publique ce 13 juillet 2026, ce qui explique le décalage entre la conclusion de l’accord et sa révélation.

Plusieurs signaux confirment que le projet a bien changé de mains. Le site officiel de SigScalr a été fermé. Surtout, le dépôt GitHub de SigLens a été archivé par ses propriétaires le 12 mars 2026, soit précisément le jour de la notification à Bruxelles ! Comme quoi, tout s’explique et il y a une réelle cohérence entre ces différentes actions.

Le projet SigLens est désormais en lecture seule, sa dernière version publiée étant la de juillet 2025. Dans son message d’archivage, l’équipe a remercié la communauté et annoncé une bascule vers une licence Apache 2.0, présentée comme plus permissive, afin que d’autres puissent reprendre et faire évoluer le code.

Reste une question ouverte : que fera Apple de cette technologie ? Ni Apple ni SigScalr n’ont détaillé la suite. Compte tenu du profil de l’outil, une intégration aux briques de développement internes de chez Apple semble cohérente. Pour le monde de l’open source, c’est une véritable perte.

Des alternatives open source existent, mais SigLens jouait à part

Faut-il redouter un vide côté observabilité open source ? Non, l’écosystème est riche et plusieurs projets réunissent logs, métriques et traces dans un même produit. Personnellement je ne connaissais pas SigLens, mais il a une singularité difficile à retrouver ailleurs, en particulier avec son binaire unique, sans dépendance externe, tout en étant capable d’avaler de gros volumes de data. C’est de cette façon qu’il se distinguait.

Sur le marché de l’open source, il y a d’autres solutions intéressantes, notamment :

  • OpenObserve reste l’alternative la plus proche sur le plan technique. Écrite en Rust et déployable en binaire unique, elle couvre logs, métriques et traces et se pose en rivale de Datadog, Splunk et Elasticsearch.
  • SigNoz constitue sans doute l’option unifiée la plus complète côté APM, native OpenTelemetry, mais elle s’appuie sur une base ClickHouse et se déploie en plusieurs conteneurs. On s’éloigne clairement du modèle du binaire unique.
  • VictoriaMetrics et VictoriaLogs se rapprochent de SigLens par la philosophie (efficacité brute, licence Apache 2.0 permissive), mais restent organisées en briques distinctes. Sur IT-Connect, on a déjà détaillé la supervision avec Grafana et VictoriaMetrics.
  • La pile Grafana LGTM (Loki, Mimir, Tempo, Grafana) reste pertinente, mais elle implique un empilement de composants à opérer.

Connaissiez-vous SigLens ?

Source

SOURCE