Cette année, le CES a une fois de plus réuni les regards à Las Vegas. Pourtant, cette 58ème édition a révélé une réalité contrastée : certaines technologies atteignent leur maturité et peinent à maintenir leur dynamique, tandis que d’autres s’imposent comme les nouveaux catalyseurs de changement. À l’heure du bilan, voici les tendances majeures qui ont marqué l’événement.
L’électromobilité en perte de vitesse, mais pleine de promesses
Le marché des véhicules électriques (VE) montre des signes de fragilité : un recul des ventes en Europe et une offre qui reste difficilement attractive, sauf du côté des constructeurs chinois. Les modèles abordables de Zeekr et consorts, alliant qualité et prix compétitifs, contrastent avec les stratégies haut de gamme occidentales, souvent hors de portée (90 000$ pour l’Afeela, par exemple). Cette polarisation menace de restreindre le marché aux plus aisés, ce qui serait parfaitement incompatible avec les ambitions réglementaires européennes.
De nouvelles innovations captent l’attention et redéfinissent la mobilité durable : la batterie céramique, offrant une recharge ultra-rapide et une densité énergétique optimisée, la voiture solaire, capable de parcourir jusqu’à 64 km par jour sans nécessiter de recharge, ou encore les caravanes zéro émission auto-propulsées, équipées de batteries performantes et de panneaux solaires. Autre nouveauté : le sujet de la conduite autonome, longtemps en perte de vitesse, retrouve de sa superbe grâce au retour de Donald Trump à la tête des États-Unis qui travaille sur une réglementation plus favorable. Les avancées en IA générative, qui permettent désormais de simuler des scénarios d’accidents rares, marquent également un tournant dans ce domaine, permettant de concevoir des systèmes plus sûrs et plus performants.
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Santé et beauté : des innovations accessibles et personnalisées
La santé était omniprésente au CES 2025. Une large partie des startups françaises présentes étaient d’ailleurs consacrées à ce domaine. Les innovations proposaient des solutions concrètes pour accéder à des soins, même en l’absence d’établissement de santé, notamment pour les pays défavorisés. Des dispositifs abordables, comme Urine Check-er, permettent un diagnostic de santé minimaliste et pratique, révolutionnant l’accès aux soins dans les pays disposant de peu d’infrastructures médicales. D’autres solutions, comme les lunettes connectées capables de filtrer les bruits ambiants ou de sous-titrer les conversations, améliorent la qualité de vie des malentendants, notamment des personnes âgées en perte d’autonomie. Les technologies d’accompagnement, telles que les exosquelettes pour les malades de Parkinson, marquent aussi une étape importante dans l’amélioration de l’autonomie physique.
La beauté, quant à elle, n’est pas en reste, tirant pleinement parti de la personnalisation et de l’IA : crèmes sur-mesure créées par des machines connectées, diagnostics cutanés via patchs intelligents, essais virtuels de styles de maquillage en réalité augmentée… Ce marché, estimé à 80 milliards de dollars en 2025, prouve que le numérique continue de redéfinir nos habitudes.
L’IA : omniprésente certes, mais en quête de pertinence
L’intelligence artificielle a été l’invitée d’honneur du CES 2025, allant même jusqu’à éclipser les discussions pourtant essentielles sur le développement durable. La « guerre des territoires » se poursuit entre les géants du secteur, chacun cherchant à imposer ses outils en tant que nouveaux standards. On observe également une diversification des usages de l’IA générative, avec des modèles de niche tels que Deeply (insights intelligents basés sur l’analyse du son) ou SourcingGPT (approvisionnement e-commerce). Dans l’industrie, l’IA optimise la conception des pièces et détecte les anomalies, réduisant les délais et les coûts de production. Mais plus encore, l’IA s’immisce toujours davantage dans notre vie quotidienne. Des applications permettent d’analyser nos émotions en fonction de notre rythme cardiaque et de proposer des solutions adaptées. Des lunettes intelligentes vont encore plus loin en enregistrant nos conversations professionnelles ou personnelles et en générant automatiquement des synthèses personnalisées. Elle s’intègre également dans les maisons connectées, où les dispositifs intelligents se multiplient : aspirateurs qui rangent les obstacles, tri automatisé des déchets ou encore surveillance animalière. Le mariage entre IA et habitat semble plus prometteur que jamais.
Robots et réalité augmentée : vers de nouvelles interactions
Les robots, longtemps cantonnés à des tâches à faible valeur ajoutée lors des salons, se rapprochent des usages pratiques. Unitree présente des robots humanoïdes accessibles (16 000$), capables d’interagir avec le public (réception dans les bureaux, compagnie dans les hôpitaux et maisons de retraite, etc.) ou de travailler en milieux hostiles. Realbotix, de son côté, repousse les limites du possible avec des robots de compagnie humanoïdes à l’aspect « presque humain ».
En parallèle, les lunettes de réalité augmentée, légères et ultra-portables, offrent des expériences immersives : elles remplacent télévisions et ordinateurs, transformant nos trajets en bureaux ou en salles de jeu. Des équipements qui pourraient bien remplacer nos écrans traditionnels dans les prochaines années !
