Coup de sang sur GitHub autour de Rsync et de l’utilisation de l’IA Claude
Rsync traverse actuellement une zone de turbulences ! Une mise à jour récente a eu un impact négatif sur le bon fonctionnement de certaines sauvegardes incrémentales. Des utilisateurs ont alors inspecté le code source du projet, et ce qu’ils ont découvert a mis directement le feu aux poudres : ils y ont découvert de nombreux commits co-écrits avec l’intelligence artificielle Claude d’Anthropic. Mais qu’en est-il réellement ?
Le 20 mai 2026, une nouvelle version de Rsync a été publiée : v3.4.3. Une mise à jour destinée à améliorer la sécurité de cet outil open source (6 vulnérabilités corrigées) et à corriger quelques bugs. Rsync reçoit peu de mises à jour, mais peu importe : c’est un outil stable, performant et avec beaucoup d’options. Il est apprécié de cette façon.
Toutefois, tout ne s’est pas passé comme prévu avec la version 3.4.3. En effet, plusieurs utilisateurs ont constaté de nouveaux bugs avec les sauvegardes suite à l’installation de cette version. En remontant l’historique des modifications sur GitHub, plusieurs développeurs ont constaté la présence de nombreuses mentions associant le mainteneur historique du projet à l’IA Claude.
Résultat, l’un d’eux a piqué une colère sur GitHub avec un post intitulé : “Please Do Not Vibe F*** Up This Software”. Suffisant pour mettre le feu aux poudres et relancer le débat sur l’utilisation de code généré par IA au sein du code source de logiciels. Ce que certains qualifieront d’AI Slop.

La réponse d’Andrew Tridgell : l’IA comme simple exécutant
Face à ces critiques, le créateur de rsync, Andrew Tridgell, a tenu à clarifier la situation par l’intermédiaire d’un article publié sur Medium. Fort de ses 40 ans d’expérience, il a expliqué qu’il ne s’agissait en aucun cas de développement aveugle ou non contrôlé.
Submergé par une vague de rapports de sécurité soumis eux-mêmes à l’aide de l’IA (un phénomène commun à l’ensemble de la sphère open source), le mainteneur a entrepris de moderniser rsync. Cela impliquait notamment de réécrire l’ancienne suite de tests (en scripts Shell) avec le langage Python.
C’est justement pour cette tâche qu’il a utilisé l’IA, et pas uniquement Claude : “J’ai réécrit la suite de tests rsync en Python à partir de l’ancien script shell. J’en ai conçu l’architecture moi-même (et j’en suis vraiment très satisfait), mais j’ai utilisé Claude, en recoupant les résultats avec Codex et Gemini, pour effectuer le gros du travail. Je ne me suis pas contenté de vibe-coder pour « convertir la suite de tests en Python ».”, peut-on lire.
Il s’agit donc d’une utilisation cohérente de l’IA, où les blocs de code générés font l’objet d’une relecture humaine. Surtout, il a voulu être transparent avec la communauté en précisant qu’il avait utilisé Claude, et cela s’est retourné contre lui.
Surtout, les régressions constatées dans la version 3.4.3 de rsync n’ont aucun lien avec l’IA : elle a été utilisée pour réécrire la suite de tests.
Une nouvelle version disponible : rsync v3.4.4
La version 3.4.4 de Rsync a été publiée le lundi 8 juin 2026, c’est donc tout frais ! Publiée directement par le mainteneur de Rsync, elle corrige les bugs introduits par la précédente version. Si vous utilisez Rsync, il est donc préférable de faire la mise à jour.
Finalement, avec ce qu’il vient de se passer, on peut en déduire qu’il est autorisé d’utiliser l’IA pour débusquer des failles et des bugs, mais pas pour s’aider à produire le code. Paradoxale.