Tout commence avec une vague de publications virales sur le réseau social chinois, Tik Tok concernant des annonces suspectes sur Vinted. Des peluches, des figurines, et autres objets banals y sont proposés à des prix exorbitants allant jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros accompagnées de description douteuses comme la mention d’âges et de taille. Soupçonnant un trafic d’enfants, de nombreux internautes ont ainsi interpellé cette pratique sur Pharos, la plateforme de signalement des contenus et comportements en ligne illicites.
D’une vidéo virale à un signalement aux autorités
La vague de suspicion a déferlé grâce à l’influenceuse Djena qui partage dans ses vidéos sur Tik Tok et Instagram, plusieurs captures d’écrans venant de Vinted. On y découvre une figurine pour pas moins de 30 000 € accompagnée des mentions « 7ans » et « 1,22m » ou encore une fausse rose pour 20 000 € avec cette fois-ci les mentions « âge jusqu’à 1 mois » et « 50 cm ».
Cette révélation a tout de suite suscité l’indignation générale, suivie d’une avalanche de signalements sur la plateforme Pharos. La Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, s’est alors empressée de déclarer qu’il n’y avait « pas une seconde à perdre » lorsque de telles annonces en lignes existaient.
Vinted se défend et crie au canular
Face à cet événement, Vinted s’est défendu en déclarant que ses vérifications en interne n’avaient « révélé aucun élément » reliant à un soi- disant trafic d’enfants. L’entreprise précise même que l’âge indiqué dans les annonces correspond à l’âge recommandé pour l’utilisation du jouet et que les prix dérisoires correspondaient à une stratégie de négociation ou à un objet de collection.
Pour prouver l’existence de ce trafic, un journaliste a alors contacté un vendeur proposant une télécommande à 20 000 euros, celui-ci aurait ouvertement proposé une fillette de sept ans pour 12 000 euros. Il s’est avéré par la suite que le soi- disant vendeur était un lycéen de 17 ans affirmant vouloir piéger des pédophiles.
Complot ou risque ?
Plusieurs analyses indépendantes et enquêtes de différents médias ont conclu que les allégations de vente d’enfants sur Vinted ne pouvaient pas être vérifiées avec la simple présence des captures d’écrans disponibles. En effet, il pourrait tout simplement s’agir d’un canular, d’annonces mal classées ou encore d’une utilisation abusive de la plateforme.
Quoi qu’il en soit, les autorités compétentes et l’application Vinted s’entendent sur un point, les annonces suspectes doivent être signalées immédiatement. Mais pour l’heure, aucune preuve n’a été découverte que la plateforme en ligne servirait d’un trafic d’enfants.