« Je l’ai googlé. » Largement entrée dans le langage courant, cette phrase pourrait refléter une habitude de vieux. Les actuels élèves et étudiants sont maintenant plus habitués à “chatgpter” qu’à “googler” pour préparer leur prochain exposé. Un constat préoccupant pour Google qui n’a pas réussi à rendre populaire le fait de “geminier”.
Melius Research, une société de conseil et d’investissement, émet ainsi l’hypothèse que Google va devenir le futur « Kodak ». Le moteur de recherche emblématique de la démocratisation d’internet serait ainsi en passe de devenir une relique du passé.
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« Depuis notre lancement en milieu 2023, nous nous sommes concentrés sur l’essentiel concernant Google. Notre position repose sur l’idée que Google est en train de perdre la prochaine génération de “rechercheurs” au profit de ChatGPT », a écrit dans une note adressée à ses clients Ben Reitzes, le directeur de la recherche en numérique de Melius Research.
A ses yeux, « la page d’accueil d’OpenAI pourrait apparaître comme cette génération “d’appareils photo numériques” ». Ben Reitzes pointe que si Kodak avait parié sur le fait que la photo numérique allait coexister avec les photos imprimées, estimant même que les consommateurs allaient être susceptibles d’en imprimer davantage, l’entreprise a finalement terminé aux oubliettes.
« Les clients de Google Ad pourraient être ceux qui prendront la photo-finish »
Les derniers résultats d’Alphabet, la maison-mère de Google, n’ont fait qu’augmenter cette vision au sein de Melius Research. Lors de l’annonce des résultats du quatrième trimestre, en février dernier, elle a déçu les investisseurs avec un chiffre d’affaires de 96,5 milliards de dollars (environ 89 milliards d’euros). Malgré une croissance annuelle de 12 %, la firme n’a pas respecté ses objectifs. Son action a chuté de 6 % suite à cette annonce.
Alors qu’OpenAI pourrait voir un chiffre d’affaires issus des abonnements atteindre les 12 milliards de dollars (quelque 11 milliards d’euros) sur l’année en cours, Ben Reitzes émet des doutes quant à la capacité de Google d’engendrer de tels montants avec les souscriptions de Gemini.
D’autant que les bénéfices d’OpenAI pourraient encore être alimentés par l’ajout de publicités dans ChatGPT. Pour le directeur de Melius Research, si cela arrivait, au moins 20 % du budget mondial de la publicité, qui s’élève à près de 40 milliards de dollars (équivalent à 36,9 milliards d’euros), serait capté. « Les clients de Google Ad pourraient être ceux qui prendront la photo-finish, en devenant plus exigeants s’ils voient baisser la rentabilité de leurs annonces », estime-t-il.