La DINUM passe de Windows à Linux : les autres ministères doivent préparer leur plan

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La DINUM passe de Windows à Linux : les autres ministères doivent préparer leur plan

La souveraineté numérique est un sujet qui revient sans cesse sur le devant de la scène. L’État français a décidé de passer à l’action : la DINUM va effectuer une migration de Windows vers Linux pour les postes de ses agents. Les autres ministères vont devoir, eux aussi, passer à l’action.

Il est encore trop tôt pour affirmer que l’État français dit adieu à Microsoft et aux outils en provenance des États-Unis, mais il y a une volonté réelle d’aller dans cette direction. Il suffit de lire le dernier post LinkedIn de la Direction interministérielle du numérique (DINUM), dont la première ligne indique “Souveraineté numérique : l’État accélère !”, pour comprendre qu’il y a des actes concrets.

Tout d’abord, la DINUM elle-même va quitter Windows au profit de Linux pour les postes de travail de ses 250 agents, ce qui doit donc représenter entre 200 et 250 ordinateurs à migrer. Pour le moment, c’est le seul “nouveau mouvement” opéré de Windows vers Linux au niveau des ministères.

Les autres informations importantes, c’est l’accélération du déploiement de LaSuite auprès de 80 000 agents de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie. Cela signifie que les agents vont utiliser en particulier les outils suivants :

  • Visio : une solution de visioconférence destinée à remplacer Microsoft Teams, Google Meet ou encore Zoom, qui compte déjà plus de 100 000 utilisateurs,
  • Tchap : la messagerie instantanée déjà utilisée par 600 000 agents,
  • FranceTransfert : un équivalent à WeTransfer pour envoyer des documents à un tiers.

Rappelons qu’au-delà de la souveraineté, le fait de basculer vers LaSuite permet à la France de faire des économies importantes. On parle de 1 million d’euros économisé tous les ans pour chaque tranche de 100 000 personnes migrées. En effet, l’utilisation de ces outils évite de payer des licences Zoom, Microsoft 365, etc. Ce mouvement a été enclenché avec la généralisation de l’outil Visio auprès des agents.

C’est quoi la suite du programme ?

Il y a une réelle dynamique et une volonté de migrer vers des outils souverains. Ce ne sont pas que des paroles, il y a des actes concrets. À en croire Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique : “La souveraineté numérique n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique. L’Europe doit se doter des moyens de ses ambitions, et la France montre l’exemple en accélérant la bascule vers des solutions souveraines, interopérables et durables.”

Mercredi 8 avril 2026, un premier séminaire interministériel a été organisé pour “renforcer la dynamique collective de réduction des dépendances numériques extra-européennes.” – À l’occasion de cet événement, il y a les ministres, l’ANSSI, des opérateurs publics et des acteurs privés. Il est certain que l’État a besoin de partenaires locaux pour accomplir ces objectifs.

La route est encore longue, mais c’est normal car on ne parle pas de 3 ordinateurs dans un coin, mais la DINUM a pris le sujet en main. La preuve : chaque ministère va devoir préparer un plan d’ici l’autonome 2026.

“Chaque ministère (opérateurs inclus) sera tenu de formaliser son propre plan d’ici l’automne, portant sur les axes suivants : poste de travail, outils collaboratifs, anti-virus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau.”, précise le communiqué officiel.

La migration va plus loin que Windows et Zoom. On parle d’anti-virus, d’IA, de virtualisation et même d’équipements réseau. Les solutions françaises et européennes ont probablement une carte à jouer puisque ce plan concerne de nombreuses composantes d’un SI.

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