La Maison Blanche veut garder le contrôle de Claude Mythos : l’UE toujours écartée
Face à la puissance du modèle IA Claude Mythos développé par Anthropic, l’administration américaine est opposée à ce que l’Union européenne puisse y avoir accès. Pourtant, Anthropic a affirmé il y a quelques jours que Claude Mythos serait bientôt disponible au plus grand nombre… Difficile de savoir à quoi s’attendre.
Le contexte autour de Claude Mythos
Annoncé en avril dernier, le modèle Mythos d’Anthropic a plongé tout le monde dans une sorte de frénésie, autant les entreprises que les gouvernements. En cause, j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises : ses capacités avancées en matière de cybersécurité, en particulier pour dénicher des failles de sécurité.
À l’heure actuelle, Anthropic a déployé ce modèle auprès d’un groupe restreint d’entreprises et d’organisations dans le cadre d’une initiative baptisée Project Glasswing. Si vous suivez l’actualité, vous savez qu’il a déjà permis de dénicher des milliers de failles de sécurité.
Il y a quelques jours, à l’occasion de la sortie de Claude Opus 4.8, Anthropic a également spécifié que Claude Mythos allait prochainement arriver auprès du grand public. Mais, il se pourrait que nous n’ayons pas accès à cette IA en Europe.
La Maison Blanche veut garder le contrôle !
Actuellement, Anthropic n’a pas encore accordé d’accès à Claude Mythos Preview à l’Union européenne, ni à aucun autre gouvernement étranger, à l’exception de l’Institut de sécurité de l’IA du Royaume-Uni. Une seule exception.
L’explication se trouverait, en partie, entre les murs de la Maison Blanche. En effet, suite à mon précédent article, certains m’ont signalé que la Maison Blanche était opposée à la volonté d’Anthropic de libérer Claude Mythos. Après avoir fait quelques recherches à ce sujet, je confirme qu’il y a effectivement des informations à ce sujet.
Des responsables de l’administration américaine sont opposés à ce que Claude Mythos soit accessible en Europe, pour des raisons de sécurité nationale. Un article publié par CNBC évoque des discussions entre l’Union européenne et les États-Unis à propos de Claude Mythos.
Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, a ainsi confié à CNBC : “La cybersécurité est une priorité partagée et nous sommes convenus de reconnaître mutuellement nos normes respectives dans ce domaine. En parallèle, nous élargissons actuellement les discussions techniques avec Anthropic et d’autres développeurs de modèles qui ont notifié leurs derniers modèles au bureau de l’IA.”
Ce n’est pas gagné pour autant… CNBC affirme avoir obtenu des informations auprès d’une personne familière des discussions confidentielles entre l’UE et Anthropic. Le géant de l’IA aurait indiqué à la Commission européenne qu’elle devait d’abord obtenir l’autorisation de l’administration américaine pour accéder à la version d’évaluation de Mythos. Le problème, c’est que l’administration américaine semble s’y opposer.
En réalité deux camps s’affrontent :
- Les Européens estiment qu’il est trop risqué de laisser les États-Unis être les seuls à posséder une IA comme celle-ci. On peut considérer Claude Mythos comme un outil de hacking hors du commun : la NSA et le FBI peuvent vraiment s’amuser avec… N’est-ce pas ?
- Les États-Unis estiment qu’il est trop risqué d’ouvrir l’accès à Claude Mythos aux Européens, même si on a contribué à son développement avec nos données…
Et puis, n’oublions pas la Chine : les États-Unis souhaitent très certainement conserver leur avantage dans le domaine de l’IA.
Claude Mythos devrait être accessible au grand public prochainement, mais qui pourra réellement y accéder ? Cette question reste sans réponse à l’heure actuelle puisqu’il y a trop d’incertitude. Pendant ce temps, la BNP Paribas va collaborer avec la société française Mistral AI pour développer un modèle d’IA dédié à la cybersécurité : vers un Claude Mythos made in France ?