Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le marché total du jeu vidéo en France a atteint un chiffre d’affaire de 5,856 milliards d’euros, soit une progression de 2,9 % sur un an. Dans ce tableau d’ensemble globalement positif, un seul segment tire réellement la croissance vers le haut : le jeu mobile.
Le gaming mobile dépasse les attentes en 2026
L’écosystème mobile a en effet généré 1,792 milliard d’euros en France en 2025, marquant une hausse spectaculaire de 11 % par rapport à l’année précédente et un record historique pour ce segment. Pendant ce temps, la console reste en tête avec 44 % du marché en valeur, mais sa courbe de croissance est pratiquement plate. Le PC gaming suit la même logique avec des revenus stables autour de 1,512 milliard d’euros.
Ce qui frappe, c’est que le mobile représente désormais 31 % du marché français, dépassant le PC gaming et s’installant durablement en deuxième position. Le smartphone n’est plus un support de seconde zone pour les joueurs occasionnels, il devient une plateforme à part entière, avec ses propres titres ambitieux, ses modèles économiques éprouvés et sa base d’utilisateurs en pleine expansion.
Pourquoi les joueurs PC et console s’y convertissent
La réponse tient en grande partie aux usages du quotidien. Les joueurs n’abandonnent pas leur console ou leur PC, ils les complètent avec leur smartphone. Selon les données de l’étude Médiamétrie / SELL, les joueurs français utilisent en moyenne 2,2 supports différents, avec une complémentarité forte entre smartphone et console. Le mobile intervient dans les transports, les pauses, les moments de disponibilité fragmentée que la console ne peut pas occuper.
D’après le bilan du marché français 2025 publié par le SELL, 59 % des joueurs utilisent le smartphone comme support de jeu, contre 58 % pour la console, un quasi-équilibre inédit.
Les plateformes numériques profitent de cette tendance
La croissance du mobile s’accompagne d’un changement de modèle économique profond. Les ventes de jeux physiques continuent de reculer, tandis que les contenus additionnels, les microtransactions et les abonnements tirent de plus en plus les revenus vers le haut. Le mobile est le principal moteur de cette évolution, avec des jeux free-to-play qui monétisent l’engagement sur la durée plutôt que sur un achat unique. Les plateformes de loisirs en ligne se multiplient sur mobile, qu’il s’agisse de services d’abonnement, de streaming interactif ou encore de jeux en ligne : un guide comme casino en ligne France illustre bien comment ces offres se structurent désormais pour répondre aux attentes d’un public connecté en permanence.
Cette dynamique profite à tout l’écosystème numérique. Selon l’étude Médiamétrie / SELL, 40,2 millions de Français ont joué à un jeu vidéo au moins une fois en 2025, soit plus de sept personnes sur dix. Avec une telle masse de joueurs réguliers, les plateformes numériques de toutes natures ont tout intérêt à proposer des expériences adaptées aux écrans mobiles.
Ce que ça change pour l’industrie française
Pour les éditeurs et les développeurs, le message est clair : ignorer le mobile revient à ignorer le segment le plus porteur du marché. Les studios français doivent désormais penser leurs projets en termes multi-supports, en anticipant des sessions courtes et des mécaniques adaptées aux interactions tactiles. Les grandes franchises console commencent d’ailleurs à décliner des versions mobiles ou des compagnons d’application pour ne pas perdre leur audience nomade.
Pour les joueurs eux-mêmes, cette évolution signifie davantage de choix, mais aussi une vigilance accrue face à des modèles économiques parfois agressifs. Comme le souligne une analyse récente de La Finance pour Tous, la gratuité apparente de nombreux jeux mobiles masque souvent des mécaniques de monétisation sophistiquées. Le marché français du jeu vidéo reste en bonne santé, mais sa transformation vers le numérique et le mobile impose de nouvelles règles du jeu pour tous les acteurs.
