« Nous sommes déjà en guerre »&nbsp: la France est le pays le plus attaqué après l’Ukraine sur internet

Lors du Forum Viginum, qui a eu lieu le vendredi 28 mars dernier, le Premier ministre français François Bayrou s’est exprimé concernant la manipulation de l’information sur le numérique. Cet événement visait notamment à mettre en avant Viginum, le service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères du gouvernement créé en 2021 et peu connu du grand public.

Si l’événement a notamment permis de mettre en lumière certaines obligations des GAFAM, grâce à une prise de parole du président de l’Arcom, Martin Ajdari, celui-ci a affirmé sa volonté d’accentuer sa collaboration avec le service Viginum.

Il est revenu sur des actions très concrètes, dont une plainte déposée contre Elon Musk dans le cadre de la dernière campagne électorale en Allemagne. Mais c’est surtout l’intervention du Premier ministre français, François Bayrou, qui a été très remarquée…

« Nous sommes déjà en guerre »

Alors que les ingérences numériques étrangères se multiplient, François Bayrou est intervenu à Sorbonne Université pour évoquer le danger actuel face à la manipulation de l’information sur la toile. Selon lui, la France serait d’ailleurs « le pays le plus visé par les tentatives de manipulation » venant de l’extérieur, après l’Ukraine.

La France et l’Europe sont d’autant plus menacées que, d’après lui, le régime démocratique du pays ne peut pas être viable si « les citoyens n’ont pas accès à une information vraie, fiable ». Dans les derniers rapports publiés par Viginum, on apprend que ces campagnes sont aujourd’hui menées depuis l’Azerbaïdjan, l’Iran, et la Russie, jusqu’à usurper l’identité de médias comme Le Parisien.

Des fake news qui circulent six fois plus vite

Lors de cet événement, la Ministre responsable de l’IA et du numérique, Clara Chappaz, a ponctué la prise de parole de François Bayrou pour revenir sur les « bots » sur les réseaux sociaux.

D’après la Ministre, la désinformation qui se développe sur le web viendrait en partie de ces derniers, en s’appuyant sur une étude très sérieuse du MIT. Cette étude, publiée en 2018, montrait déjà qu’une fausse information circulait davantage qu’une véritable information, jusqu’à 6 fois plus vite depuis ces comptes.

Pour développer la désinformation, ces comptes utiliseraient notamment le droit à la liberté d’expression, la Ministre évoquant par ailleurs qu’ »il n’a jamais été question de donner la liberté d’expression aux bots ». Selon Viginum, la Russie aurait déjà commencé à déployer des « fermes à trolls » depuis trois ans, en partie pour légitimer et soutenir la guerre en Ukraine.

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