L’Élysée prépare activement le Sommet pour l’action sur l’IA qui se tiendra à Paris les 10 et 11 février prochains. Cet événement d’envergure internationale réunira des dirigeants politiques et économiques ainsi que des experts en technologie venus de divers horizons.
Une présence politique et technologique impressionnante
À moins d’une semaine du sommet, la présidence française a dévoilé le programme et les personnalités attendues. Parmi elles, Sam Altman, patron d’OpenAI, Dario Amodei d’Anthropic, et Arthur Mensch de MistralAI marqueront leur présence. Du côté des géants de la technologie, Sundar Pichai de Google et Brad Smith de Microsoft feront également partie du casting. Les représentants politiques incluront le vice-Premier ministre chinois Ding Xuexiang, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et le chancelier allemand Olaf Scholz. Cette diversité de participants marque une volonté de coordonner les efforts internationaux pour réguler et promouvoir l’IA.
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Outre ces figures emblématiques, 27 startups françaises auront l’occasion de briller sous la nef du Grand Palais. Des sociétés comme Photoroom, Dataiku, et Doctolib y présenteront leurs innovations. Ces jeunes entreprises bénéficient de cette plateforme unique pour établir de nouvelles connexions et stimuler les partenariats. En parallèle, des universités et centres de recherche français et étrangers comme Polytechnique participeront à des conférences scientifiques de très haut niveau pour discuter des avancées académiques et technologiques en IA.
Valoriser l’écosystème français de l’IA
Le sommet se présente comme une vitrine pour valoriser l’écosystème français de l’IA, qui compte déjà plus de 750 startups. Selon Anne Bouverot, envoyée spéciale du président Emmanuel Macron pour l’IA, il s’agit de montrer que la France n’est pas seulement un consommateur d’IA mais aussi un acteur majeur dans son développement. Clément Delangue de Hugging Face, Fidji Simo d’Instacart, et Guillaume Faury d’Airbus figurent parmi les entrepreneurs avides de renforcer cette image lors des tables rondes prévues.
La tenue de ce sommet à Paris pourrait également être vue comme une tentative de positionner la France comme leader européen face à la domination américaine et aux progrès rapides de la Chine. « Nous devons provoquer un réveil européen et nous assurer que la France ne passe pas à côté de cette révolution », a déclaré la présidence française. Pour ce faire, il est crucial de stimuler les investissements dans les infrastructures numériques et de soutenir les initiatives nationales visant à réduire l’écart avec les mastodontes du secteur.
Renforcer la confiance du public dans l’IA
Création de contenu bénéfique et adoption accélérée de l’IA sont au cœur des priorités du sommet, avec plusieurs manifestations publiques pour dissiper les craintes croissantes autour des technologies intelligentes. Clara Chappaz, ministre déléguée au Numérique, souligne l’importance de démontrer les usages positifs de l’IA pour créer de la confiance. En effet, selon un récent baromètre Ifop pour le groupe de conseil Talan, 79 % des adultes français se disent inquiets face à l’émergence des intelligences génératives.
Les discussions porteront sur une vaste gamme d’applications concrètes qui peuvent améliorer la vie quotidienne, allant des diagnostics médicaux précis développés par des biotech comme Owkin, aux plateformes éducatives adaptées au rythme d’apprentissage individuel. La participation de startups innovantes montre bien que l’IA peut être un outil inclusif, accessible même aux petites structures si les bonnes conditions sont réunies.
Promouvoir une IA éthique et inclusive
La France entend profiter de ce sommet pour défendre une vision d’une IA éthique, accessible et frugale. L’intelligence artificielle telle qu’elle est aujourd’hui est dominée par de grands acteurs installés principalement aux États-Unis et en Chine. Or, David Bertolotti, secrétaire général adjoint du ministère français des Affaires étrangères, rappelle que seulement sept pays participent activement à toutes les initiatives globales de governance de l’IA, laissant la majorité du monde en retrait. « Il faut promouvoir un développement plus inclusif, » soutient Anne Bouverot, sachant que l’impact social et environnemental de ces technologies doit être mesuré et contrôlé.
Enfin, dans une société où les doutes concernant la direction prise par le progrès technologique sont omniprésents, les interventions espérées devraient aborder des questions délicates comme la régulation de l’IA, les droits numériques, et la souveraineté technologique. Le Sommet pour l’action sur l’IA pourrait ainsi poser les bases d’une réflexion profonde et collective sur l’avenir que nous souhaitons façonner grâce à ces technologies révolutionnaires.
Paris, vibrante capitale intellectuelle, sera momentanément le centre du monde technologique, offrant à la fois un spectacle de collaborations internationales et un forum de débats sur la governances de l’IA. Avec cette mobilisation sans précédent, la France vise non seulement à booster son image sur la scène numérique mondiale mais aussi à asseoir une influence durable dans l’élaboration des règles qui guideront le futur de l’IA.
