La machine de Valve est un PC de salon compact alors que la console de Nintendo reste avant tout une machine portable. Cette distinction permet déjà de comprendre pourquoi la Steam Machine dispose d’une puissance nettement supérieure, mais aussi pourquoi la Switch 2 conserve des arguments que son adversaire ne peut pas reproduire.
Le duel des architectures
La Steam Machine repose sur un processeur AMD Zen 4 doté de six cœurs et douze threads. Sa partie graphique dédiée utilise une architecture RDNA 3 avec 28 unités de calcul et 8 Go de mémoire GDDR6. Elle possède également 16 Go de DDR5 pour le système et les applications.
La Switch 2 utilise pour sa part un processeur personnalisé conçu par NVIDIA. Nintendo ne communique pas officiellement les fréquences ni la composition précise de cette puce, mais celle-ci réunit le processeur central et la partie graphique dans un même composant afin de réduire la consommation, la chaleur et l’encombrement.
La Steam Machine possède donc un matériel beaucoup plus proche d’un ordinateur de bureau que d’une console portable. Elle peut utiliser une alimentation plus puissante et un système de refroidissement plus imposant puisqu’elle n’intègre ni écran ni batterie.
Une différence de puissance difficile à ignorer
Cette différence se traduit directement dans les performances graphiques. La Steam Machine devrait offrir une puissance plusieurs fois supérieure à celle de la Switch 2 lorsqu’elle est installée dans sa station d’accueil. L’écart pourrait se situer autour d’un facteur trois selon les jeux, les réglages et les technologies de reconstruction employées.
La console de Nintendo doit partager ses 12 Go de LPDDR5X entre le système, le processeur et le GPU. La machine de Valve dispose de 16 Go de mémoire système auxquels s’ajoutent 8 Go réservés à sa carte graphique. Cette séparation lui permet de charger des textures plus détaillées et de mieux gérer les jeux PC exigeants.
La Steam Machine devrait naturellement afficher des réglages graphiques plus élevés, une meilleure définition interne et davantage d’effets visuels. Elle sera également mieux armée pour maintenir 60 images par seconde dans les productions gourmandes ou pour viser des fréquences supérieures sur les jeux compétitifs.
DLSS face à FSR
La puissance brute ne raconte toutefois pas toute l’histoire. La Switch 2 profite des technologies développées par NVIDIA, dont le DLSS. Cette méthode utilise les unités dédiées à l’intelligence artificielle pour reconstruire une image de meilleure définition à partir d’un rendu moins coûteux.
Une production peut ainsi être calculée en 720p ou dans une définition intermédiaire, puis être reconstruite en 1080p ou en 4K. La console prend également en charge le ray tracing matériel grâce à ses unités RT, même si sa puissance limitée imposera des compromis importants dans les jeux les plus complexes.
La Steam Machine utilisera principalement les technologies FSR d’AMD. Valve annonce une expérience en 4K à 60 images par seconde avec reconstruction, ce qui ne signifie pas que tous les jeux fonctionneront en 4K native avec leurs options maximales.
Les deux fabricants emploient donc la mention 4K pour décrire une sortie vidéo, et non une garantie de rendu natif systématique. La Steam Machine devrait néanmoins partir d’une définition interne plus élevée et conserver davantage de détails grâce à sa puissance graphique supérieure.
Consommation mobile face à puissance sédentaire
Le processeur crée un écart tout aussi important. Les six cœurs Zen 4 de la Steam Machine bénéficient de fréquences et de performances par cœur adaptées aux jeux PC récents. Ils devraient offrir une marge confortable pour les mondes ouverts, les simulations, la physique et les titres visant une fréquence d’affichage élevée.
La puce ARM de la Switch 2 répond à une autre priorité. Elle doit maintenir une consommation réduite afin de permettre à la console de fonctionner entre environ deux et six heures et demie sur sa batterie. Ses performances restent fortement contraintes par la chaleur produite dans un appareil de seulement 534 grammes avec ses Joy-Con 2.
Comparer uniquement les performances reviendrait donc à reprocher à un ordinateur portable ultraléger de ne pas égaler une tour de bureau. La Switch 2 sacrifie une partie de sa puissance afin de pouvoir passer du téléviseur au mode portable en quelques secondes.
Son écran LCD de 7,9 pouces affiche une définition de 1920 x 1080 pixels, avec le HDR10 et un taux de rafraîchissement variable pouvant atteindre 120 Hz. La console peut également produire une sortie 4K à 60 images par seconde sur un écran compatible ou atteindre 120 images par seconde en 1080p et en 1440p.
La Steam Machine ne possède aucun écran. Elle doit rester reliée à une prise électrique et nécessite un téléviseur ou un moniteur. Son format cubique d’environ 16 centimètres lui permet toutefois de s’intégrer plus facilement dans un salon qu’une tour PC conventionnelle.
