Ubuntu devrait intégrer de l’IA en 2026 : voici ce que l’on sait
L’intelligence artificielle va s’inviter dans Ubuntu en 2026 : Canonical prépare déjà le terrain, tout en misant sur une approche locale. Voici ce que l’on sait sur la feuille de route imaginée par Canonical.
Ubuntu : une intégration de l’IA locale et ciblée
Jon Seager, vice-président de l’ingénierie chez Canonical, a pris la parole sur le Discourse d’Ubuntu pour évoquer la position de l’entreprise Canonical vis-à-vis de l’IA. Selon lui, Canonical ne veut pas imposer l’IA à ses utilisateurs, et surtout, l’intégration sera fondée sur des principes. Parmi ces principes, il y a la priorité donnée à l’inférence locale et à l’utilisation de modèles dont les conditions de licence correspondent aux valeurs de l’open source.
L’article publié par Jon Seager évoque deux types de fonctionnalités IA :
- Les fonctionnalités implicites : elles viseront à améliorer les capacités existantes en s’appuyant sur des modèles IA exécutés directement sur l’appareil. On parle ici de renforcer l’accessibilité grâce à la synthèse vocale (text-to-speech) et à la reconnaissance vocale (speech-to-text).
- Les fonctionnalités explicites : il s’agira de nouveaux ajouts propulsés par l’IA, comme la génération de texte lors de la rédaction de documents ou l’intégration d’agents pour la gestion automatisée des fichiers. De quoi ajouter une dimension d’OS agentique à Ubuntu.
“Les fonctionnalités d’IA implicites amélioreront ce qu’Ubuntu fait déjà ; l’IA explicite sera introduite sous forme de nouvelles fonctionnalités.”, précise-t-il.
Pour faire tourner ces fonctionnalités, Canonical a préparé le terrain via ses paquets Snap d’inférence. Autrement dit, Canonical veut vous éviter d’installer Ollama et de faire la configuration qui va avec en livrant plutôt des paquets optimisés et prêts à l’emploi. Jon Seager évoque que “le Snap vous fournira les composants optimisés pour votre puce spécifique si le fabricant de cette puce les a mis à disposition.”
Si vous utilisez Ubuntu et que vous ne voulez pas entendre parler de l’IA sur votre système d’exploitation, sachez qu’à ce jour, il n’est pas prévu d’intégrer un kill-switch pour débrancher les fonctionnalités IA. Même si cela peut évoluer, ce n’est pas la tendance actuelle, comme l’explique Jon Seager : “Je ne pense pas que nous mettrons en place un kill-switch global pour l’IA, principalement parce que c’est une tâche très complexe à réaliser « de manière honnête », compte tenu de la multitude de façons dont les utilisateurs consomment les logiciels sous Ubuntu de nos jours.”
Un système d’exploitation orienté agents
L’ambition de Canonical va plus loin que de simples gadgets à base d’IA : il s’agit de transformer Ubuntu en un véritable système d’exploitation context-aware, capable d’intégrer des workflows basés sur des agents IA. Pour autant, la sécurité et la confidentialité ne seront pas remises en cause.
L’objectif serait d’exposer les composants nécessaires afin de faciliter les interactions avec les agents IA. “Mon objectif est qu’Ubuntu fournisse les éléments de base nécessaires pour que les agents puissent fonctionner dans le cadre des limites existantes, qu’il s’agisse d’analyses en lecture seule, d’autorisations strictement délimitées pour toute action, ou encore d’une traçabilité complète des décisions et des résultats.”, peut-on lire.
Quoi qu’il en soit, 2026 devrait être l’arrivée de l’IA dans Ubuntu. De premières briques pourraient d’ailleurs être intégrées en octobre prochain à l’occasion de la sortie d’Ubuntu 26.10. Néanmoins, Canonical doit se montrer méfiant quant à l’intégration de l’IA : c’est à double tranchant, on l’a bien vu avec Windows 11…
Qu’en pensez-vous ?