Une IA à l’égal de l’homme&nbsp? DeepMind fixe l’échéance à dix ans

L’intelligence artificielle progresse à un rythme effréné, attisant autant l’enthousiasme que les interrogations. Récemment, Demis Hassabis, PDG de DeepMind, a affirmé lors d’un discours à Londres que l’intelligence artificielle générale (AGI) pourrait atteindre le niveau humain d’ici dix ans.

Les limites actuelles des systèmes d’intelligence artificielle

Si les systèmes d’IA excellent dans des tâches spécifiques, leur capacité à interagir avec le monde réel reste une épine dans le pied des chercheurs. Actuellement, ces modèles fonctionnent sur une approche passive, limitée à l’analyse de données sans réelle compréhension contextuelle. Pour Demis Hassabis, le défi majeur réside dans l’amélioration des « modèles du monde », ces représentations qui doivent permettre à l’IA de mieux anticiper et planifier ses actions.

Dario Amodei, PDG d’Anthropic, partage un optimisme similaire, prédisant que d’ici quelques années, l’IA surpassera la plupart des humains dans presque toutes les tâches. Ces projections traduisent l’effervescence du secteur et la course effrénée pour développer une IA plus autonome et adaptable.

L’ambition de l’intelligence artificielle générale

L’objectif ultime reste de conférer aux machines une compréhension profonde du monde, bien au-delà des scénarios ultra-contrôlés dans lesquels elles performent aujourd’hui. Si l’IA peut déjà battre des champions au jeu de Go, la transposer à des problématiques réelles reste un véritable casse-tête. La complexité du monde physique et l’imprévisibilité des interactions humaines constituent encore un mur infranchissable.

Hassabis souligne que seule une amélioration radicale de la manière dont les systèmes modélisent et comprennent leur environnement pourra changer la donne. Tant que cette étape ne sera pas franchie, l’AGI restera un objectif lointain.

L’essor des agents multi-tâches

Un axe de recherche prometteur est celui des systèmes multi-agents, selon Hassabis et Thomas Kurian, PDG de Google Cloud. L’idée repose sur des sociétés d’agents intelligents capables de coopérer ou de rivaliser pour accomplir des missions complexes. Des expériences menées dans des environnements simulés, comme Starcraft, montrent que ces agents peuvent apprendre à travailler ensemble de manière efficace. Reste à transposer ces compétences à des scénarios concrets.

L’ambition est claire&nbsp: ces agents pourraient révolutionner la collaboration homme-machine, aussi bien dans le domaine professionnel que domestique. Une IA capable de coopérer naturellement avec d’autres systèmes ou des humains serait une avancée majeure vers l’AGI.

Malgré des avancées spectaculaires, la fusion optimale entre algorithmes de planification et modèles du monde reste un obstacle de taille. Pour atteindre l’AGI, l’IA doit développer une interaction fluide et adaptative avec son environnement, une capacité encore largement théorique à ce jour.

Néanmoins, l’optimisme demeure. Les chercheurs tablent sur une approche multidisciplinaire, combinant informatique, neurosciences et philosophie pour lever ces barrières.

SOURCE