Vers la fin du jeu physique : 6 garanties pour ne pas dématérialiser nos droits (luttons !)

Avec l’annonce de l’arrêt de la production de disques pour les nouveaux jeux PlayStation à compter de janvier 2028 et la fermeture des fonctions d’achat du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita prévue pour juillet 2027 en France, l’industrie confirme son accélération vers un écosystème entièrement numérique. Mais à quel prix pour le joueur ? Si le disque vit ses dernières années, notre statut de client ne doit pas s’éteindre avec lui.

C’est un double signal fort qui est envoyé aux joueurs. D’un côté, la confirmation que les nouveaux jeux PlayStation s’affranchiront bientôt de la galette. De l’autre, un rappel cuisant de la dépendance de nos achats dématérialisés, avec l’impossibilité prochaine d’acheter de nouveaux titres sur les anciennes plateformes de Sony.

fin du jeu physique
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Certes, le constructeur assure que les contenus déjà achetés resteront téléchargeables « dans un avenir prévisible ». Mais cette formulation prudente ne constitue en rien une garantie d’accès perpétuel. Pire encore, l’actualité récente au Royaume-Uni a montré que 551 films achetés sur le PlayStation Store allaient tout simplement être retirés des bibliothèques de clients britanniques dès le 1er septembre 2026, à la suite de l’expiration d’accords de licence avec StudioCanal.

Aujourd’hui, lorsque nous cliquons sur « Acheter », nous n’acquérons généralement pas la propriété pleine et entière d’un exemplaire numérique, mais un droit d’accès encadré par une licence. Sa pérennité dépend des contrats, des serveurs et des accords de distribution. Si la commodité du téléchargement est indéniable, le déséquilibre qui s’installe entre les constructeurs, les éditeurs et les consommateurs devient intenable.

Le combat pour imposer le support physique sur les prochaines générations est sans doute perdu. Mais celui pour la protection de nos droits numériques commence aujourd’hui. Pour que la confiance règne, nous devons exiger six garanties fondamentales.

Le manifeste des droits des joueurs

1. Droit d’usage permanent

Tout contenu présenté comme un achat doit ouvrir un droit d’usage permanent. Toute limitation exceptionnelle doit être clairement annoncée avant la transaction. Nous demandons une distinction stricte entre la propriété intellectuelle, qui reste à l’éditeur, et le droit d’utiliser durablement l’exemplaire acheté.

2. Accès garanti dans le temps

La fin des fonctions commerciales d’une boutique ne doit jamais menacer l’accès aux contenus déjà achetés. En cas de fermeture définitive d’un service de téléchargement, le constructeur doit proposer une solution d’archivage, un téléchargement définitif, une version hors ligne ou un transfert vers une infrastructure de remplacement.

3. Transférabilité et transmission

Le marché de l’occasion et le droit au prêt ne doivent pas mourir avec le disque. Un cadre légal et technique doit permettre le don, la transmission et, lorsque cela est possible, la revente contrôlée et sécurisée des licences numériques d’un compte à un autre.

4. Compensation et pérennité des modes solo

Lorsqu’un contenu acheté est unilatéralement retiré de la bibliothèque d’un client, comme dans le cas des licences de films expirées, celui-ci doit bénéficier d’un remboursement, d’un avoir ou d’une solution de remplacement équivalente. Concernant les jeux, la fermeture des fonctions en ligne doit être annoncée suffisamment tôt et accompagnée, lorsque cela est techniquement possible, d’un mode hors ligne.

5. Transparence totale avant l’achat

Les contrats de licence utilisateur final ne doivent plus être des barrières de textes illisibles validées à l’aveugle. Chaque fiche de jeu dématérialisé doit afficher de manière standardisée et claire la durée minimale d’accès garantie par l’éditeur, l’obligation ou non d’une connexion Internet et la politique appliquée en cas de retrait futur du store.

6. Conservation hors ligne

Le mode hors ligne doit être un droit, pas un privilège. Pour tous les jeux dont les fonctions principales peuvent techniquement fonctionner sans serveur distant, le téléchargement local, l’exécution et l’accès aux campagnes solo doivent être systématiquement préservés, même si les serveurs multijoueurs ferment.

Le jeu n’a de valeur que s’il nous appartient vraiment

Les joueurs ne sont pas que des lignes de statistiques sur un rapport financier. Ce sont des clients. L’argument du coût de maintenance des infrastructures vieillissantes a ses réalités techniques, mais il ne peut pas servir de passe-droit pour effacer progressivement l’historique de nos investissements.

En 2021, la mobilisation massive de la communauté avait fait reculer Sony sur une première tentative de fermeture des PlayStation Store PS3 et Vita. Le constructeur avait finalement maintenu leurs fonctions commerciales, tandis que celles de la PSP prenaient fin. Preuve que notre voix collective peut peser.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de sauver temporairement une boutique, mais de définir un cadre juste pour les décennies à venir.

Ne restons pas spectateurs. Partagez ce manifeste, interpellez les constructeurs et les éditeurs, et rappelons-leur ensemble que la transition numérique ne se fera pas au détriment de nos droits de consommateurs.

#ReprenonsLeContrôle #NosJeuxNosDroits

redacteur vignetteEric de Brocart
Fondateur – Directeur de publication
Magicien professionnel, quand je ne suis pas derrière mon PC, photographe amateur, quand j’ai le temps et surtout un grand passionné de réalité virtuelle.
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