Mister IA lève 10 millions d’euros pour s’imposer sur le marché du conseil en IA

Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à Mister IA pour se tailler une place sérieuse dans le conseil en IA générative. La start-up parisienne vient de boucler un tour de table mené par Momentum Invest, avec la participation de 199 Ventures (le véhicule d’investissement d’Andréa Bensaid, fondateur d’Eskimoz). Les deux cofondateurs conservent une très large majorité du capital.

Conseil, formation, déploiement&nbsp: un triptyque rodé

Le modèle de Mister IA repose sur trois piliers&nbsp: l’accompagnement stratégique, la formation des équipes (plus de 5 000 journées dispensées depuis sa création) et le déploiement d’agents IA directement dans les workflows métiers. L’approche est volontairement agnostique des technologies&nbsp: un tiers des missions s’appuie sur Microsoft Copilot, un tiers sur Anthropic Claude et un tiers sur ChatGPT, même si les usages autour de Claude connaissent une forte accélération ces derniers mois.

En face, une clientèle qui dit beaucoup du positionnement de la société&nbsp: plus de 1 000 clients B2B, majoritairement des PME et ETI françaises (segment où l’adoption de l’IA reste encore très partielle) mais aussi une cinquantaine de grands groupes comme Vinci, Thales, Groupama, Clarins ou la Fédération française de football. Au total&nbsp: 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et une rentabilité affichée dès le premier mois d’activité.

50 recrutements et cap sur l’Europe

Avec ces 10 millions, l’ambition est claire. Mister IA prévoit de recruter une cinquantaine de collaborateurs dans les douze prochains mois (consultants IA, formateurs, experts en déploiement) et regarde déjà au-delà des frontières françaises. Belgique, Suisse, Italie, Espagne, Royaume-Uni&nbsp: Vincent Pavanello n’exclut pas non plus des opérations de croissance externe. La société compte déjà une vingtaine de clients au Maroc et en Suisse, ainsi que plusieurs références aux États-Unis et au Canada.

Un marché en pleine recomposition

Cette levée survient dans un contexte de forte consolidation. OpenAI a récemment racheté la société britannique Tomoro pour accélérer l’intégration de ses solutions en entreprise, tandis qu’Anthropic multiplie les initiatives vers les fonds de private equity. Face à ces mastodontes, des acteurs comme Mister IA misent sur leur ancrage terrain et leur indépendance technologique pour se différencier.

Le défi reste pourtant entier&nbsp: 95 % des projets IA en entreprise échoueraient à générer des revenus, faute de passer de l’expérimentation à la mise à l’échelle. C’est précisément ce créneau que Mister IA entend occuper. Et si l’écosystème français de l’IA ne manque pas de start-ups, celles qui parviennent à bâtir un modèle économique rentable à grande échelle restent rares. C’est sur ce terrain, justement, que la start-up parisienne entend faire la différence.

 

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