Apple accélère sur une Apple Watch capable de surveiller le diabète

Ce qui ressemblait à une promesse lointaine prend aujourd’hui une tournure bien plus concrète.

Un signal fort dans l’organigramme

Ce n’est pas une annonce officielle, mais ça y ressemble presque. Apple vient de confier la supervision de son projet de mesure de glycémie à Zongjian Chen, à la tête de l’Advanced Technologies Group. Ce changement, révélé par Mark Gurman de Bloomberg, est loin d’être anodin.

Chen est l’homme qui a mené à bien le développement des modems maison d’Apple, un chantier que beaucoup jugeaient irréalisable à l’époque. Son arrivée sur ce dossier envoie un message clair&nbsp: la phase d’exploration est terminée, place au développement produit. Son prédécesseur, Tim Millet, est un architecte de puces brillant. Chen, lui, est connu pour livrer les produits et services finalisés. La nuance est importante et montre que l’ambition est sur le point de se concrétiser.

Laser sous la peau, sans aiguille

Sur le plan technique, le système repose sur la spectroscopie d’absorption optique. Un laser émet des longueurs d’onde spécifiques qui traversent la peau pour analyser le liquide interstitiel (ce fluide situé entre les cellules) et en déduire le taux de glucose. Aucune piqûre, aucun patch sous-cutané, aucune bandelette.

Le concept existe depuis l’ère Steve Jobs&nbsp: le programme interne E5 a été lancé dès 2010. En 2023, un prototype fonctionnel avait encore la taille d’un iPhone. Le défi consiste désormais à loger tout ça dans un boîtier de montre tout en maintenant une précision médicale. C’est précisément là que bute encore la concurrence, qu’il s’agisse de Samsung, Garmin ou Huawei.

Un marché de 537 millions de personnes

L’enjeu est colossal puisque selon la Fédération internationale du diabète, 537 millions d’adultes vivent avec cette maladie dans le monde. Pour eux, le suivi quotidien du glucose implique encore des gestes contraignants&nbsp: capteurs collés sur le bras, prises de sang régulières. Une montre capable de s’en charger silencieusement changerait leur quotidien.

Et au-delà des personnes diagnostiquées, la fonctionnalité pourrait s’adresser à tous ceux qui ignorent encore leur état pré-diabétique, élargissant considérablement le marché potentiel.

Apple a déjà prouvé que la montre connectée pouvait avoir un vrai impact médical, avec l’ECG et la détection de fibrillation atriale. La glycémie serait une révolution d’un autre ordre, mais aussi un terrain réglementaire délicat, comme l’a rappelé la condamnation d’Apple pour son capteur d’oxymétrie.

Les analystes situent une première version de tendance glycémique autour de 2028-2030. Une mesure cliniquement fiable, après 2030. Mais avec Chen aux commandes, Apple ne cherche plus. Il construit.

SOURCE