Microsoft 365 : rappeler un e-mail envoyé à une autre entreprise, bientôt possible
Envoyer par erreur un e-mail à la mauvaise société ou à la mauvaise personne, puis le faire disparaître de la boîte de réception du destinataire ? Exchange Online va bientôt le permettre. Microsoft déploie le rappel de message inter-tenant, une nouveauté réclamée de longue date par les utilisateurs de Microsoft 365. Jusqu’ici, la fonction s’arrêtait à la frontière du tenant : on pouvait rappeler un message envoyé à un collègue, jamais un message parti chez un partenaire ou un client. Une limite qui va sauter, mais attention aux différentes conditions à respecter. Voici ce que l’on sait.
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Le rappel de message franchit enfin la frontière du tenant
La fonction de rappel de message n’a rien de nouveau dans l’univers Microsoft. Depuis avril 2023, Exchange Online s’appuie sur un rappel dit “cloud“, piloté côté serveur par un agent en arrière-plan plutôt que par le client Outlook.
Il restait une limite : le rappel ne fonctionnait qu’à l’intérieur d’un même tenant Microsoft 365. Dès qu’un e-mail quittait l’organisation de l’expéditeur pour un destinataire externe (partenaire, filiale, prestataire, etc…), il devenait irrattrapable. C’est ce cas de figure que Microsoft va combler, comme spécifié dans la roadmap Microsoft au sein de l’entrée 561330.
Comment activer le rappel inter-tenant ?
La décision revient entièrement à l’organisation qui reçoit les messages. Autrement dit, c’est le tenant destinataire qui décide quelles organisations externes ont le droit de rappeler des e-mails dans les boîtes de ses utilisateurs, via une liste d’autorisation (une allow list). Une contrainte de taille qui risque d’être à l’origine de quelques frictions et incompréhensions de la part des utilisateurs…
Prenons l’exemple retenu par Microsoft dans son article de blog daté du 10 juillet 2026. Si l’entreprise Fabrikam veut pouvoir rappeler un message envoyé à un salarié de Contoso, alors Contoso doit au préalable ajouter le tenant de Fabrikam à sa propre liste d’autorisation. Le rappel est alors traité comme un rappel interne classique. Dans le cas contraire, la demande échoue et l’expéditeur reçoit un rapport de statut indiquant que le message ne peut pas être rappelé entre organisations. Chaque organisation garde ainsi la maîtrise : l’autorisation gouverne les rappels entrants, tenant par tenant.
Cette mécanique suppose toutefois que les deux parties soient des organisations Microsoft 365. Si le destinataire utilise une messagerie externe (Gmail, ou un autre fournisseur), le message reste hors de portée : comme pour le rappel interne, le rappel s’arrête aux limites du service Exchange Online.
Autre point important, la fonction n’est pas activée par défaut. Les administrateurs devront l’activer, puis ajouter au moins un tenant de confiance. Cela passe par PowerShell à l’aide d’Exchange Online (pensez au module Exchange Online pour vous connecter).
Pour activer ou désactiver la fonctionnalité au niveau du tenant :
La valeur par défaut est . Pour ajouter des tenants de confiance à la liste d’autorisation :
Et pour retirer un ou plusieurs tenants de la liste :
Côté destinataire, l’expérience ne change pas par rapport à un rappel interne. Si le tenant qui reçoit le message a activé les notifications de rappel, celles-ci s’appliquent également aux rappels inter-tenants. Autrement dit, la mise en place suppose une coordination en amont entre les deux organisations, car il ne s’agit pas d’un simple bouton à cocher côté expéditeur.
Un déploiement progressif dès mi-août 2026
Microsoft prévoit de lancer le déploiement à la mi-août 2026, pour une généralisation attendue à la mi-septembre 2026. Tous les tenants Microsoft 365, y compris en Europe, pourront bénéficier de cette nouveauté.

Même si cette fonctionnalité est pratique pour les utilisateurs, elle amène également à s’interroger : quid de la conservation des preuves lorsqu’un message disparaît d’une boîte de réception, ou encore si un attaquant efface les traces d’un e-mail malveillant par cet intermédiaire ? Le modèle retenu par Microsoft est contraignant, mais il limite en partie ce scénario, puisqu’un tenant externe ne peut rappeler un message que s’il figure explicitement sur la liste d’autorisation du destinataire.