Emmanuel Macron veut éviter que l’IA ne tombe entre de mauvaises mains, voici son plan pour mieux la réguler

Emmanuel Macron n’a pas abordé la question de l’intelligence artificielle à la légère lors de ce G7, son ton était assez ferme lorsqu’il a abordé les nombreux enjeux du secteur. Son obsession première demeure celle de parvenir à mieux encadrer ces technologies afin que leur usage ne soit pas complètement détourné à des fins négatives, dangereuses voir même criminelles. L’une des craintes majeures est que les technologies d’intelligence artificielle soient aux mains de régimes autoritaires ou de groupes à même de menacer directement notre cybersécurité.

Dans sa réflexion et la stratégie qu’il esquisse, Emmanuel Macron plaide pour une coopération plus étroite entre les démocraties sur ce sujet. L’idée qu’un repli sur soi en fermant ses frontières numériques puisse être une réponse valable ne fait pas partie de son plan. Ici, la référence à ce que Washington a fait il y a quelques jours de cela avec la coupure des derniers modèles d’Anthropic est à peine voilée.

Emmanuel Macron donne jusqu’au mois de septembre pour boucler les standards communs européens de l’IA

Pour le chef de l’État français, ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis avec l’affaire Anthropic est symptomatique de ce qu’il ne souhaite pas, c’est-à-dire une réponse strictement nationale. A partir de là, voici comment il formule sa contre-proposition&nbsp: « Ce qu’on va construire dans les prochains mois, est en quelque sorte une plateforme de discussions et de coopération entre quelques démocraties face au risque de l’intelligence artificielle (…) pour définir ensemble des standards communs ». Pour l’heure, pas beaucoup plus de précisions sur le contenu même de cette plateforme mais une chose est tout de même actée, et pas des moindres, le mois de septembre comme échéance pour boucler ces fameux standards communs. L’été s’annonce studieux.

Mistral AI, le fer de lance français

Dans le monde de l’intelligence artificielle, la France montre de longue date qu’elle ne veut pas jouer les spectateurs mais être un acteur qui compte. Pour cela, elle compte toujours et plus que jamais sur Mistral AI. Grâce à elle, Paris veut continuer de peser dans le monde des “modèles frontières” trusté par les américains et les chinois. Il y a quelques semaines de cela, Mistral AI dévoilait 22 mesures pour réveiller l’Europe avant qu’il ne soit trop tard. Un document qui n’est sans doute pas passé inaperçu à l’occasion de la préparation de ce G7.

La question essentielle qui reste sans réponse

Il y a encore au moins une question essentielle qui n’a pas été tranchée&nbsp: qui est en capacité de décider qu’un modèle demeure dangereux et selon quels critères&nbsp? Le récent épisode Anthropic l’a mis sur le devant de la scène, un gouvernement peut, sur simple décision, couper l’accès à un outil de manière univoque en quelques heures sans aucune explication (ou très peu). Pour qu’à l’avenir les démocraties soient en capacité de se prémunir de ce type de décisions brutales, il est indispensable de se mettre rapidement autour de la table et de s’accorder sur des règles et ce avant la prochaine crise qui peut survenir à tout moment.

Le RDV est fixé à septembre. C’est court du point de vue calendrier mais long dans le monde de l’IA qui connaîtra sans doute d’autres soubresauts d’ici là. Avec quelles conséquences&nbsp? Cela reste à voir.

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