Instagram et WhatsApp accueillent une nouvelle IA capable de créer et modifier vos images

Pendant des années, du côté des équipes de Mark Zuckerberg ont intégré les outils génératifs d’images sans jamais prendre soin (et surtout investir) de développer ses propres modèles. Il y a eu Midjourney et quelques autres modèles qui se relayaient en quasi marque blanche pour l’univers Meta. C’est désormais une histoire ancienne car ce 7 juillet, Meta a fait la présentation officielle de Muse Image qui est son premier modèle génératif d’images propriétaire qui est le fruit du travail des Superintelligence Labs de la firme. Toujours à la traîne dans le monde de l’IA générative, ces laboratoires avaient été rapidement mis sur pied pour pouvoir faire comme les petits copains OpenAI et Google et disposer de leurs propres laboratoires dans le domaine.

Meta apprend à jouer au grand dans le monde de l’IA

Pour présenter son nouveau poulain, Meta ne mâche pas ses mots et parle directement d’un outil “agentique”. Concrètement, avant de tremper sa plume numérique dans l’encre, Muse Image réfléchit en s’appuyant sur Muse Spark de manière à analyser la demande, s’inspirer sur le web et enfin démarrer la composition. Par exemple, si vous photographiez votre salon et demandez à Muse un relooking avec un nouveau canapé, Muse ira d’abord chercher sur… Facebook Marketplace pour vous l’intégrer. Pas folle la guêpe. On imagine que la frontière entre génération et achat in app ne se trouve plus très loin.

Muse Image ira d’abord chercher ses inspirations sur… Facebook Marketplace

Mais où donc allez vous pouvoir trouver ce nouveau petit bijou&nbsp? Dans Instagram, l’outil sera intégré dans les stories et ce au travers d’une trentaine d’effets inédits. Du côté de WhatsApp, il apparaîtra au fil des discussions lorsque l’opportunité contextuelle lui donnera envie de se montrer.

Muse Image va pouvoir piocher dans les comptes Instagram publics pour “s’inspirer”

En ce qui concerne l’utilisabilité même de l’outil, on s’éloigne de la seule saisie textuelle. Nos doigts seront nos prompts. On pourra directement raturer, griffonner, entourer des éléments sur les photos pour effectuer des modifications. Par ailleurs, grâce à un @ vous pourrez lui indiquer d’aller chercher dans les photos d’un contact pour l’intégrer à votre œuvre. Tout devient réellement interconnecté chez Meta.

Un outil gratuit qui a un prix&nbsp!

Meta et la philanthropie, ça n’existe pas et ce n’est pas près d’exister. Muse Image ne déroge pas à la règle. Pour un usage quotidien et sobre, Meta permettra un accès gratuit. Mais pour les plus gourmands de la fonctionnalité, il faudra en passer par l’abonnement Meta One. C’est une façon maligne de monétiser l’outil et d’essayer de développer des modèles de complément au-delà de la publicité.

Il demeure que l’enjeu de cette nouvelle fonctionnalité se niche ailleurs, Car Muse Image va pouvoir piocher dans les comptes Instagram publics pour “s’inspirer” et cela crispe déjà pas mal de personnes outre Atlantique où l’opt out par défaut (qui doit prémunir de l’usage de ses contenus par les IA) n’est jamais coché et beaucoup vont voir leurs contenus nourrir ce nouvel objet.

En Europe, le RGPD va à coup sûr regarder ce nouveau venu avec tout l’intérêt que l’Europe manifeste constamment pour ce genre d’outil.. Des discussions sans doute tendues sont à prévoir du côté de Bruxelles.

Quant au déploiement, comme d’habitude, il suivra  la même mécanique, à savoir une arrivée aux Etats-Unis avant possiblement une arrivée en Europe plus tard une fois que le cadre réglementaire sera fixé. L’assistant Meta AI avait déjà connu pareilles péripéties avant son arrivée en 2025. Pour pouvoir utiliser Muse Image il faudra donc faire preuve de patience mais en attendant, Zuckerberg et ses équipes planchent déjà sur Muse Vidéo comme une première brique des promesses d’IA générative lancées à l’occasion du dernier Meta Connect. Du côté, le Meta(vers) est définitivement enterré tandis que l’IA pointe enfin le bout de son nez avec un grand sourire nourri par toutes nos photos publiques.

SOURCE