Les États-Unis placent Alibaba, Baidu et BYD sur une liste noire liée à l’armée chinoise

Alibaba. Baidu. BYD. Trois noms. Trois mastodontes. Trois symboles connus de beaucoup qui symbolisent à eux trois une partie de ce que la Chine a bâti en deux décennies de course technologique effrénée. Pour rappel, le premier est un ogre du cloud et de l’e-commerce. Le deuxième, bien plus qu’un moteur de recherche, est le fer de lance de l’IA et de la conduite autonome en Asie. Le troisième a tout simplement détrôné Tesla sur les ventes mondiales de véhicules électriques… rien que ça&nbsp! Leur point commun désormais&nbsp: figurer sur la liste 1260H que Washington brandit comme un avertissement.

Sur le papier, l’inscription n’est pas une sanction directe, mais elle en est assurément une première étape. Pas de gel d’actifs, pas d’embargo immédiat. Mais à partir du 30 juin 2026 les choses vont tout de même changer. Le Pentagone ne pourra plus officiellement contracter avec ces sociétés. Et dans un an, ce seront même les achats indirects via des intermédiaires qui seront définitivement impossibles. C’est là que ça risque de coincer un peu. Puisque prenons une situation toute simple&nbsp: les sous-traitants américains de la défense pourraient d’ici quelques mois se retrouver forcés de rompre avec leurs fournisseurs chinois fraîchement désignés. Un effet domino silencieux, aux conséquences sans doute redoutables.

Une liste retirée, ressortie et désormais plus musclée que jamais

Ce qui rend cette mise à jour particulièrement savoureuse (si on peut dire) c’est la petite histoire qui se cache derrière. En février 2026, une version préliminaire avait furtivement été rendue publique, avant d’être mystérieusement retirée… à l’approche de la visite de Donald Trump en Chine. “Diplomatic timing”, comme le markette les Américains. La version définitive, qui vient d’être publiée, reprend largement ce leak avec une différence notable tout de même&nbsp: les fabricants de mémoire CXMT et YMTC, absents dans la première mouture, y figurent à nouveau. Leur omission dans la V1 avait provoqué l’ire des observateurs anti-chinois au Congrès US.

Sur le papier, l’inscription n’est pas une sanction directe, mais elle en est assurément une première étape.

Les entreprises concernées par la mise à jour de la liste 1260H réfutent en bloc. Alibaba assure ne pas être « une entreprise militaire chinoise » et se réserve le droit d’une contestation judiciaire. Baidu parle “d’allégations totalement infondées ». BYD estime son inscription « injustifiée ». Du côté de Pékin, l’ambassade de Chine aux États-Unis a dénoncé des « listes discriminatoires » et promet de défendre « vigoureusement » les intérêts de ses entreprises. Ambiance caliente entre les deux super puissances.

La tech civile chinoise, nouvelle cible de Washington

Ce qui frappe tout particulièrement dans cette actualisation, c’est le périmètre de désignation des acteurs concernés. Historiquement, la liste 1260H ciblait des acteurs directement liés aux forces armées. Désormais elle étend ses filets au cœur de l’écosystème tech civil en ciblant ces fameux BATX que l’on présente volontiers comme les équivalents chinois des GAFA américains. Par cette décision, Washington y voit la matérialisation d’une stratégie de fusion civilo-militaire. Pékin mobiliserait l’innovation privée au profit de son appareil de défense. Une doctrine que l’on connaît de longue date et que les États-Unis cherchent à contrecarrer depuis plusieurs années, notamment via les restrictions à l’export de semi-conducteurs qui étouffent déjà des géants comme Nvidia sur le marché chinois.

L’effet de cette décision, on vous l’a dit, va rapidement dépasser les frontières américaines. Un duo bipartisan de sénateurs pousse l’administration Trump à resserrer les règles sur les fabricants de puces sous contrat avec l’administration Fédérale. Il s’agit de décréter que les filiales étrangères des firmes chinoises ne puissent plus commander de composants sur mesure auprès de TSMC. Taïwan, de son côté, examine avec attention en ce moment même l’introduction de restrictions sur les ventes de puces IA à l’ensemble des clients chinois. La guerre technologique sino-américaine que l’on pensait déjà pleinement déployée n’en est finalement qu’à ses prémices.

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